Bas-Congo : Gare aux pauvres malades récidivistes !

Bas-Congo : Gare aux pauvres malades récidivistes !

HG de Kinkanda/Infobascongo

Au Bas-Congo au sud-ouest de Kinshasa, dure réalité pour les malades insolvables qui rechutent dans les hôpitaux qui les ont soignés. Ils sont abandonnés à eux-mêmes par le personnel soignant.

Malheur aux malades démunis qui font des rechutes dans les hôpitaux du Bas-Congo ! C’est le cas d’un parmi eux. Privé des soins, il dort désormais à même le sol dans le pavillon orthopédique de l’Institut médicale évangélique(IME) Kimpese à 145 Km de Matadi. Pourtant, il a une plaie sur la jambe gauche. ‘’ Il ne bénéficie plus des soins car, il est incapable d’honorer sa première facture élevée à 100.000 Fc (100$)’’, explique un de ses voisins. C’est pour une fracture à la jambe droite qu’il y était interné depuis plus de six mois. C’est aussi la plainte d’un jeune homme interné à l’Hôpital général de référence de Kinkanda(HGRK) à Matadi (chef-lieu du Bas-Congo). ‘’ Ma plaie va s’infecter car, je passe parfois deux semaines sans être soigné à cause du non paiement du traitement de ma fracture’’, larmoie-t-il.

Dans les hôpitaux du Bas-Congo, ils sont nombreux, les malades qui connaissent le même sort après rechute. ‘’ Nous n’avons pas le choix sinon, nous n’allons plus jamais fonctionner’’, se justifie Emmanuel Milandu, administrateur gestionnaire de l’IME. Mas parfois, ils viennent aussi à la rescousse de ses insolvables ‘’pour l’amour de Dieu’’.

Dans les hôpitaux, ils ne manquent pas d’explication. Il nous faut des moyens pour l’entretien, réapprovisionnement, les fournitures, les médicaments. Dans tout ça il y a un coût que l’hôpital engage. Ce problème des insolvables qui représente 3 % par rapport à notre assiette financière est un handicap.’’, révèle Nadine Kiala, administrateur gestionnaire de l’hôpital général de référence de Kinkanda.

Emmanuel Milandu de l’IME, lui, signale que le taux de recouvrement n’est que 48¨%. ‘’ Cela nous empêche de bien fonctionner. Car, il faut payer le personnel, les médicaments, renouveler les équipements…’’. Il annonce que bientôt ‘’ils vont recourir au recouvrement forcé en compagnie de la police’’.

Droits humains violés

Cependant, l’abandon de ces patients est contraire à la loi.’’ C’est une violation de l’article16 et 47 de la constitution qui stipulent que la personne humaine est sacrée…nul ne peut être tenu en esclavage ni dans une condition analogue, nul ne peut être soumis à un traitement cruel, inhumain, dégradant. Le droit à la santé est garantie’’, condamne Job Mankoka, chef de division des droits humains.

Pour Nadine Kiala, administrateur gestionnaire de l’HGRK ’’Nous ne négligeons pas les malades. Notre engagement, c’est de les soigner d’abord mais, nous sommes aussi des humains qui engagent des efforts, des énergies qui doivent être compensés’’.

Médecin inspecteur provincial, Oscar Mavila renchérit : ‘il ne faut pas condamner les structures sanitaires car, elles utilisent  les personnels, les intrants, défend-t-il. Néanmoins, il ne faut pas priver les malades insolvables des soins. Il faut leur apprendre la culture de payer’’.

Ignorants, les patients ne savent pas revendiquer leurs droits.

Conséquences

A cause de l’insolvabilité des patients, les hôpitaux peinent à fonctionner. A l’IME, le taux de recouvrement est en baisse de 48% tandis qu’à l’HRGK, les dettes représentent 3% par rapport à l’assiette financière. A l’Hôpital général de référence de Muanda, Léon Khonde, administrateur gestionnaire signale que parfois, il manque de l’ouate, films radios, gants, alcool dénaturé…, intrants indispensables pour le travail.

Pour combler ce manque, les formations médicales comptent sur l’Etat. Malheureusement, ce dernier est aussi autant insolvable.

Fin mai, les gestionnaires des institutions médicales de l’Etat sont allés voir le président de l’assemblée provinciale après avoir attendu la réponse du gouvernement provincial. ‘’ Nous sollicitons votre appui pour le pousser à payer nos facteurs élevées à près de 78 millions (87 000 dollars) Car, nous ne savons plus fonctionner’’, avait imploré Pascal Bakajika, leur porte-parole.

Et René Muaka, avocat au barreau de Matadi de conclure :’’Il faut que l’Etat protège la population en fixant les principes fondamentaux du droit de la santé’’.

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