Matadi : Efficace collaboration entre la police de proximité et les habitants

Matadi : Efficace collaboration entre la police de proximité et les habitants
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A Nzanza, commune populeuse de Matadi, où la police de proximité fait ses premiers pas, les résultats sont satisfaisants : elle travaille de concert avec les habitants qui n’ont plus peur du policier, l’insécurité a fortement baissé…

300 élements de la PNC en formation à Mvula/Photo Monusco

Depuis près de quatre mois, les racketteurs qui attaquaient à la machette les habitants et qui dévalisaient boutiques et maisons ne font plus parler d’eux à Nzanza, une commune de Matadi, chef-lieu du Bas-Congo. Ils ont été traqués et vaincus par la police de proximité. A l’école Wenze et Baobab, cette nouvelle unité a mis la main sur Tétanos et Engambe, deux brigands qui dictaient leur loi. « Nous avons eu ce résultat grâce à la population qui a compris qu’elle doit coopérer avec la police », se réjouit Charles Mansanga, le commandant du commissariat de Nzanza.

Cette police de proximité est la concrétisation de la réforme de la police, prévue par une loi d’août 2011, et mise en œuvre par le programme de Redevabilité du secteur de sécurité et réforme de la police (SSAPR) appuyée par la coopération britannique. Le Bas-Congo a été choisi parmi les trois provinces pilotes. Depuis avril 2012, 279 policiers de proximité ont été déployés à Nzanza, la commune pilote de Matadi après quatre mois de formation.

Police et habitants ensemble

Pour rapprocher la police des habitants, le SSAPR organise notamment des rencontres de football entre policiers et habitants, des travaux d’assainissement collectif… Un cours de civisme est introduit dans quelques écoles de Matadi et les enseignants qui les dispensent sont formés par des policiers. Ce qui décomplexe les élèves.  »Cela nous permet de comprendre le rôle de cette police et de nous confier à elle si nous avons des problèmes », explique Présence Lelo, élève en 4ème année à l’Institut Ntetembwa. D’ailleurs, j’irai demain à l’inspection provinciale de la police car j’ai un devoir à domicile à faire sur les grades et les armoiries de la police. »

Le rapprochement se fait aussi à travers les fora dans les sept quartiers de Nzanza. Ils sont composés des habitants, de la police et du chef de quartier, du chef de cellule et du chef de l’avenue. Ils parlent sans tabou des problèmes qui concernent la sécurité. « C’est un cadre idéal pour trouver des solutions aux problèmes de sécurité de notre quartier », dit, contente, la cheffe du quartier Banana. Fin décembre, le forum de son quartier a révélé à la police les poches noires, sources d’insécurité. Ce qui l’a permis d’intervenir rapidement.  »Chez nous, Les Kulunas n’existent plus, le vol a fortement baissé, les habitants ne sont plus arrêtés avec brutalité et les policiers n’exigent plus le transport, les jeunes ne se rendent plus justice… », témoigne pour sa part Alphonse Pambu, chef du quartier Dibua Nsakala. « C’est un travail positif. Cette police nous accompagne dans notre mission traditionnelle de sécuriser les personnes et leurs biens », se réjouit Jean-Marc Nzeyidio, le maire.

Attente de la police dans d’autres communes

Outre les fora, les habitants s’impliquent dans la gestion de la sécurité des quartiers à travers l’utilisation de la « carte score communautaire », une espèce de fiche qui permet à la population d’évaluer le travail des policiers et d’en faire rapport aux autorités. Cet outil a, par exemple, permis aux habitants en juillet dernier de dénoncer les tracasseries et violations de leurs droits par les policiers à l’Assemblée provinciale qui a diligenté une mission de contrôle. « La police a bien cessé avec ses mauvaises habitudes mais il faut s’occuper de son social », pense le commandant de Nzanza. Car la bourse de 48 $ dont il bénéficiait a été suspendue, le moins gradé de policier se contente de son salaire mensuel de 49 000 Fc (54$). Pour Atou Matubuana, député provincial, « tout en étant content de l’implication de la population à la sécurité des habitants, il faut que l’Etat prenne en charge la prime des policiers ». « Ne pas le faire, c’est saper le bon travail déjà abattu », ajoute Alpha Kingo, membre de la Nouvelle société civile, forces vives.

Le travail abattu à Nzanza a poussé les bandits à fuir vers Mvuzi et Matadi, deux communes où la police de proximité n’est pas encore opérationnelle. Mais le maire promet que « dès que les policiers qui sont en formation à Mvula termineront leurs cours, la situation va fortement changer. ».

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