Matadi : Contrôlés, les OPJ commencent à bien faire leur travail

Matadi : Contrôlés, les OPJ commencent à bien faire leur travail

Des policiers de proximité/Infobascongo

Grâce à l’appui logistique de la composante Redevabilité externe (RE) du Programme Redevabilité du Secteur de Sécurité et Réforme(SSAPR), les magistrats du parquet de grande instance de Matadi ont repris le contrôle des Officiers de police judiciaire (OPJ). Le travail de ces derniers s’en ressent sur le terrain.

Une pile de procès verbaux (PV) orne un coin du bureau de Jean Kapita, procureur de la République au parquet de grande instance de Matadi. Ils portent le seing de  Mukendi Bakadila, OPJ au commissariat de Nzanza.  » Sur les quatre infractions relevées, deux sont correctement qualifiées », renseigne le procureur.

Dans ce secteur de la justice, un changement positif est perceptible depuis qu’en octobre 2012, les magistrats du parquet de grande instance ont renoué avec le contrôle des OPJ et leurs commissariats. Un mois plus tôt, la composante RE financée par le Département britannique pour le développement international (Dfid) a organisé un atelier à l’attention de ces magistrats. Il a porté sur : la loi organique de la police,la doctrine de la police de proximité,le contrôle du parquet sur la police judiciaire,la sécurité humaine et les techniques du contrôle du travail des OPJ par le parquet. A ce jour, deux contrôles ont été réalisés.  » Nous voulons, pour l’intérêt de la population, qu’ils gardent la parfaite maîtrise de ces notions qu’ils connaissent déjà  », a déclaré Germain Mvumbi, coordonnateur provincial de la composante RE.  » Cet appui nous aide », avoue le procureur.

Depuis 2011, la Rd Congo a enclenché la réforme de sa police. Elle (la reforme) charrie le concept de « police de proximité », une nouvelle façon de faire de la police. Il s’agit : des principes régissant le travail de la police qui devient, à travers son organisation, son fonctionnement et son déploiement, plus proche et à l’écoute de la population.

80% des fautes

Depuis plus d’une année, le parquet ne contrôlait plus systématiquement le travail des OPJ et leurs commissariats. Pourtant, la circulaire du 16 mai 1970 relative à l’action de la police judiciaire dont le premier chapitre stipule : « Les OPJ, en vertu des codes de l’organisation et de la compétence judiciaires (article 6) et de la procédure pénale (articles 1 et 2), sont placés sous les ordres et la surveillance du ministère public ».

Malgré le prescrit de la loi, l’Etat congolais n’a plus réussi à doter les parquets de moyens conséquents. Du coup, à Matadi les magistrats ne contrôlaient plus que les cachots du 2415, le commissariat de la ville et celui des services spéciaux. Au fil du temps, l’apathie observée dans le chef du parquet a favorisé au niveau des OPJ maintes insuffisances.  A savoir : la mauvaise tenue des registres, la qualification incorrecte des infractions, la fixation unilatérale des amendes de transaction, la détention illégale des personnes, le relâchement intempestif des criminels…

Cependant, les contrôles effectués par les magistrats soulagent. « Je qualifiais les infractions sans tenir compte des alinéas. C’est le cas, par exemple, avec les coups et blessures volontaires, les viols des mineures et des majeures. Maintenant, j’ai compris », se félicite  Joseph Badikadila, sous-commissaire principal de police à Nzanza.

Cette amélioration de prestation des OPJ est aussi ressentie par la population. « J’ai assisté à l’audition de mon ami qui s’est chamaillé avec sa copine  à Kitomesa. L’OPJ l’a libéré sans lui faire payer une amende », s’étonne de joie Dady Kitoko, un habitant de Nzanza.

Toutefois, le changement enregistré aujourd’hui n’est pas encore très significatif. ‘’ Ils commettent encore des fautes jusqu’à 80%’’, reconnaît une source judiciaire. Eu égard à cette « divulgation », le magistrat Mim Musongo assure : ’Si on met à notre disposition toute la logistique, vous verrez que nous allons mieux les aider les OPJ ». « Nous continuerons à soutenir le parquet et nous programmerons d’autres formations pour les OPJ », garantie Germain Mvumbi.

Hélène Sodi

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