Bas-Congo : Une province, deux sociétés civiles

Bas-Congo : Une province, deux sociétés civiles

 

Réunion de la synergie journalistes et société civile à Matadi/Infobascongo

Au Bas-Congo, au sud-ouest de Kinshasa, deux présidents de la société civile se disent actuellement légitimes pour représenter les citoyens. Une bagarre qui ternit encore un peu plus l’image de cette organisation souvent accusée de rouler pour les politiques.

Deux comités trônent à la tête de la société civile du Bas-Congo, au sud-ouest de Kinshasa depuis mi-novembre dernier. A l’issue des travaux de l’assemblée générale qui ont connu la participation massive des délégués des villes de Matadi et Boma ainsi que ceux venus des dix territoires de la province, Valentin Vangi Ndungi a pourtant été élu nouveau président de la Société civile du Kongo central (SOCIKOC).
Mais l’ancien comité dirigé par Pierrot Muanda Mvumbi, arrivé fin mandat en 2010, ne veut rien entendre et se considère toujours comme légitime. Selon lui, « le comité de crise qui a convoqué cette assemblée élective n’avait pas qualité. Ce privilège me revient de plein droit en ma qualité de président en exercice. Par conséquent, l’aile de Valentin Vangi ne peut pas engager la société civile du Bas-Congo ». Dès lors, un bras de fer oppose les deux ailes antagonistes, provoquant un bicéphalisme.

Redorer le blason

Secrétaire exécutif du Conseil régional des Ongs du Bas-Congo, César Ngimbi reconnaît bien qu’il y a crise mais espère un dénouement rapide. « Avec tout ce qu’il y a eu, tous les membres étaient d’accord pour des nouvelles élections. Ce qui a divisé la société civile ce n’est pas l’argent des politiciens, mais des questions de procédure », explique-t-il.
Cette guerre des chefs écorne davantage l’image de la société civile déjà entamée auprès des gens. « Au Bas-Congo, nous n’avons pas de société civile, tranche un habitant de Matadi. Les membres cherchent leurs intérêts auprès des politiques. La population ne trouve plus son compte dans ce qu’ils font ». Preuve à l’appui, cet habitant pointe du doigt l’ancien comité qui « a pris goût à la politique et perdu sa neutralité ». « Comment expliquer que certains de ses membres dont le président se soient portés candidats députés sous la casquette des partis politiques ? En posant de tels actes n’ont-ils pas craché sur le visage de la population qui avait placé sa confiance en eux ? », s’interroge-t-il.
Pour certains à Matadi, la société civile est une troisième voie par rapport à la mouvance au pouvoir et à l’opposition. Il faut qu’elle se départisse de la politique pour être réellement l’église au milieu du village. « Mon souhait est que la société civile ne soit pas infiltrée par des personnes visant juste des postes au sein des institutions publiques. Elle doit refuser d’être un forum des membres qui se cachent derrière des partis politiques », suggère Emmanuel Luzolo, un fonctionnaire de Matadi.
Entre temps, l’aile dirigée par Valentin Vangi et qui se revendique la seule légitime affirme s’en remettre à la justice. « C’est elle qui nous départagera au cas où une autre structure se présente au nom de la société civile », met-il en garde. Avant de promettre la différence : « Nous allons travailler pour l’intérêt de la population afin de redorer le blason terni de la société civile de notre province ».

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