Bas-Congo : le choléra vaincu par les efforts de tous

Bas-Congo : le choléra vaincu par les efforts de tous
Partagez

Choléra et fièvre typhoïde, les maladies des mains sales sont en forte régression à Matadi. Les habitants sont plus soucieux de l’hygiène, les partenaires et les autorités ont construit des infrastructures. Les efforts de tous payent.

Photo Internet

« Aucun cas de choléra au Bas-Congo depuis le début de l’année », révèle le rapport de l’Inspection provinciale de la santé. Pourtant, cette maladie avait mis en émoi le Bas-Congo l’année dernière avec plus de 1 200 personnes infectées et une vingtaine de morts. Une autre maladie des mains sales, la fièvre typhoïde, a reculé de presque la moitié en une année.
Ces résultats n’auraient pas été possibles si l’Unicef n’avait pas lancé depuis 2006, le programme « Villages et écoles assainis » dans le Bas-Congo. « Dans 23 zones de santé, 448 villages sont désormais assainis avec 2923 latrines hygiéniques et 46 sources d’eau aménagées », mentionnent les mêmes statistiques de l’inspection provinciale médicale. Selon la division provinciale de l’Education, « 72 écoles ont été assainies », c’est-à-dire proposent un environnement qui respecte l’hygiène.

Changer de comportement
Pour atteindre ces résultats, une forte campagne de sensibilisation a été lancée à Matadi. Chefs coutumiers, professionnels des médias, autorités politico-administratives, confessions religieuses, enseignants… rappelaient aux habitants les règles d’hygiène. En particulier, se laver les mains avec du savon, ne jamais déféquer dans des sachets, bouillir l’eau… Dans plusieurs restaurants de fortune, des seaux d’eau ont été placés pour se laver les mains, des familles utilisent des produits pour purifier l’eau, les sachets contenants des matières fécales sont devenus rares… »Grâce à la sensibilisation, les gens changent de mentalité. Autrefois, après avoir déféqués, ils s’essuyaient régulièrement sur les murs et ceux qui venaient la nuit pouvait par mégarde toucher leurs matières fécales », reconnaît un jeune commis aux toilettes  »Kikiama » à Nzanza.  »L’observance des règles d’hygiène est pour beaucoup dans la régression des maladies d’origine hydriques », confirme Oscar Mavila, médecin inspecteur provincial.
A Matadi, chef-lieu de la province, une vingtaine de toilettes ont été réhabilitées par les partenaires au développement. Ville rocailleuse, plusieurs anciens quartiers de la ville sont en effet dépourvus des toilettes. Les habitants se rendaient dans les toilettes publiques construites à l’époque coloniale. Mais devenues hors d’usage, les habitants étaient contraints de faire leur selle dans les caniveaux ou dans des sachets qu’ils jetaient ensuite n’importe où.
La situation était pire dans les nouveaux lotissements et à la périphérie comme Mpozo et Nsakala Nsimba.  »Dans ces quartiers, les habitants sont pauvres et se construisent difficilement des lieux d’aisance ou des accès à l’eau potable. Grâce à Médecins d’Afrique, nous avons des produits pour désinfecter l’eau », affirme Nour Lukombo, bourgmestre de la commune populeuse de Nzanza.  »L’aide des partenaires nous a permis de faire reculer les maladies des mains sales, surtout le choléra dont le foyer se trouvait dans notre commune », ajoute-t-il. Pour la gestion des toilettes publiques, des comités de gestion ont été placés. Ils les nettoient régulièrement et font payer une taxe de 100 Fc (0,01$) aux usagers.
Cependant, Dr Mampuya se demande si les toilettes publiques vont continuer à être bien gardées.  »Il faut que le gouvernement mette des moyens à notre disposition pour les toilettes mais aussi pour créer des décharges publiques », demande Nour Lukombo. Jean-Marc Nzeyidio, le maire de Matadi, insiste : Il ne faut pas que les habitants négligent les règles d’hygiène et nous devons maintenir propres ces ouvrages car les partenaires ne seront pas toujours là ».

Leave a Reply

Your email address will not be published.


*

Ce site est protégé par reCAPTCHA et la Politique de confidentialité, ainsi que les Conditions de service Google s’appliquent.