Bas-Congo : Net recul du paludisme

Bas-Congo : Net recul du paludisme

HG de Kinkanda/Infobascongo

Un quart de malades en moins en trois ans. Au Bas Congo, le paludisme est en net recul car depuis trois ans des moustiquaires et des médicaments sont distribués gratuitement, pour préserver, en particulier, les jeunes enfants. Reste à assainir l’environnement et à toucher toutes les zones de santé.

En trois ans, le nombre de malades du paludisme a baissé de 25% au B as Congo selon le rapport de l’inspection provinciale médicale. « Pour la seule période allant de 2011 à 2012, la maladie a reculé de 14% », précise le même rapport. « Je me réjouis de multiples efforts fournis, car 4 décès sur 5 de décès en RD Congo sont dus au paludisme », se félicite Dr Erick Kasa, coordonnateur du Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP). Les résultats les plus satisfaisants sont chez les enfants de 0 à 5 ans, catégorie la plus exposée au paludisme où la mortalité est réduite de plus de 20%. « Quand il y avait peu de ressources, nous les consacrions aux enfants’’, explique Dr Eric. En 2012, sur une population de plus de 3 millions d’habitants, ils ont constitué près de la moitié des malades alors qu’ils représentent à peine un cinquième de la population.
Ces résultats sont attribués d’abord à la distribution gratuite des moustiquaires imprégnées d’insecticides. Depuis septembre 2009, plus d’1 million 600 moustiquaires ont ainsi été données aux femmes enceintes et aux enfants de moins de 5 ans. Lors de la consultation prénatale, chaque femme en reçoit ainsi que chaque enfant à la fin de son calendrier vaccinal. Des Ong ont aussi fait du porte à porte pour les distribuer. Pour pousser les habitants à les utiliser effectivement, des campagnes de sensibilisation ont été faites dans les hôpitaux, médias, églises… « La malaria tue. Si vous voulez préserver vos enfants faites les dormir sous la moustiquaire imprégnée d’insecticides », recommandait une publicité qui expliquait aussi comment bien l’installer sur son lit. Ce que certains parents suivent désormais.

Conjuguer plusieurs actions
« Mon fils a deux ans et n’a jamais souffert de la malaria car, il dort toujours sous la moustiquaire », témoigne Gisèle Mavinga, une habitante de Matadi. « J’évitais de l’utiliser à cause de la chaleur mais depuis que j’ai compris son importance, mes enfants et moi dormons toujours sous la moustiquaire et nous sommes moins malades », renchérit Micheline Binda, une habitante de Nsanda à 30 km de Matadi. Cependant, les combinaisons thérapeutiques à base d’artémisinine (Luther, Artemether, Cether-L…), le traitement actuel contre le paludisme, sont aussi pour beaucoup dans le recul de la maladie. Ces médicaments sont désormais distribués gratuitement dans 20 zones de santé du Bas-Congo par le Fond Mondial.
La Journée mondiale de lutte contre le paludisme célébrée le 25 avril avait pour thème cette année « Investir dans l’avenir : vaincre le paludisme ». Pour y arriver, « il faut tout un programme pour les familles », conseille Ruffin Nzuzi, professionnel d’assainissement à Matadi où le gouvernement provincial vient de mettre en place une brigade d’assainissement. Il faut à la fois lutter contre les eaux usées, les ordures ménagères, les herbes folles ».
Mais sur les 31 zones de santé du Bas-Congo, 20 seulement sont pourvues en moustiquaires et en médicaments. La Banque Mondiale vient de souscrire pour neuf autres zones de santé. « Grâce à leur soutien, la maladie recule. Mais, il faut craindre une rechute qui sera catastrophique. Il faut que le gouvernement inscrive la lutte dans son programme », prévient le coordonnateur du PNLP qui plaide pour le traitement gratuit du paludisme comme c’est déjà le cas au Brésil.

Leave a Reply

Your email address will not be published.


*

Ce site est protégé par reCAPTCHA et la Politique de confidentialité, ainsi que les Conditions de service Google s’appliquent.