Matadi : les habitants veulent que le tribunal condamne les profanateurs des tombes

Matadi : les habitants veulent que le tribunal condamne les profanateurs des tombes
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Présumés profanateurs des tombes devant la barre au tribunal de paix de Matadi/Infobascongo

Présumés profanateurs des tombes devant la barre au tribunal de paix de Matadi/Infobascongo

Pour une fois, un gouverneur se décide de mettre fin à l’impunité des profanateurs des tombes au cimetière de Kinkanda à Matadi. Une trentaine de présumés profanateurs viennent d’être arrêtés. Cependant, l’audience de flagrance vient d’être suspendue. Les avocats parlent d’une entorse. Beaucoup veulent que le pari de Jacques Mbadu soit gagné.

Pendant que les gens attendent le verdict au terme de la troisième suspension de l’audience, l’agitation est manifeste dans le prétoire du tribunal de paix de Matadi en commune de Nzanza mais aussi dehors. Des prévenus téléphonent leurs membres des familles devant la barre pourtant, c’est défendu. Devant le bureau d’Adrien Mundyo, président du tribunal de paix, des personnes visiblement agitées, téléphones collés à l’oreille, veulent lui passer leurs correspondants‘’. C’est le général…, c’est la présidence …’’’, lancent-ils. Quand la chambre refait son entrée, la nouvelle tombe : ‘’ l’audience est suspendue et renvoyée à lundi’’’, décide Adrien Mundyo, président du tribunal de paix. Une décision que des avocats ne comprennent pas‘’. Nous sommes étonnés de voir qu’une audience flagrante soit renvoyée ultérieurement. Vous avez senti vous-même comment le président est sous pression’’’, regrette un avocat qui a requis l’anonymat. ‘’ Il devait poursuivre l’audience même jusqu’à 3 heures jusqu’à rendre le jugement.C‘est ce que dit la loi’’’, renchérit Jacques Zakayi, le bâtonnier. Mundyo lui, évoque l’ordonnance- loi 78-001 du 24 février 1978 relative à la répression des infractions flagrantes. Elle dispose en son article 6 : ‘’ Si l’affaire n’est pas en état de recevoir jugement, le tribunal en ordonne le renvoi à l’une de ses plus prochaines audiences pour plus amples informations et commet, s’il échet, l’officier du ministère public pour procéder, toutes affaires cessantes, aux devoirs d’instructions qu’il précise. Le prévenu est, s’il y a lieu, placé en détention préventive’’’. Le président du tribunal de paix signale ‘’qu’il n’a pas subi une pression et qu’il n’a d’autorité que la loi’’’ .

Démarche saluée

Fermé à la sépulture il y a moins de six ans, bâtisses, maisons d’habitations, institut supérieur, boutiques, garages…ont élu domicile. Des cercueils et des ossements sont perceptibles. Vice-président de la société civile du kongo central, Didier Mambweni a dénoncé il y a une année ‘’’la profanation des tombes par des autorités politico-administratives, militaires et policières’’’ . Dès sa prise de fonction, Jacques Mbadu, le gouverneur a promis des sanctions contre les profanateurs des tombes au cimetière de Kinkanda. Selon une source, il a instruit Pascal Mukonkole, le nouveau procureur général. ‘’Ce serait mon premier cheval de bataille’’’, a-t-il promis. Ce dernier largue des magistrats et des policiers ce matin qui mettent la main sur une trentaine de personnes. Ils sont détenus au cachot du parquet de grande instance. Selon un magistrat, Welo, un chef coutumier est aux arrêts ainsi que le secrétaire de la mairie. Cette action est saluée par les habitants. ‘’ C’est ce que nous cherchions. Nous jetons de fleurs au gouverneur, pourvu que la justice aille au bout en condamnant les profanateurs’’’, applaudit Bibiane Makwala. ‘’ C’est très bien de mettre de l’ordre. Nous africains, nous respectons les morts. Mais, il faut aussi condamner ceux qui ont vendu ces espaces’’, pense Valentin Vangi, coordonnateur de la société civile.

 

 

 

 

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