Interview : La parole à Marie-Thérèse Kenge Ngomba Tshilombayi, premier professeur doyenne à la faculté de droit de l’Université de Kinshasa: ‘’Chez nous, les 50% sont déjà opérationnels’’

Interview : La parole à Marie-Thérèse Kenge Ngomba Tshilombayi, premier professeur doyenne à la faculté de droit de l’Université de Kinshasa: ‘’Chez nous, les 50% sont déjà opérationnels’’
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Professeur à l’Université de Kinshasa (Unikin), Marie-Thérèse Kenge Ngomba Tshilombayi vient d’être élue doyenne de la faculté de droit. Elle est la première femme à occuper ce poste. Pour marquer la clôture du mois dédié à la femme, elle a organisé le lundi 30 mars à la faculté de droit une conférence-débat sur la révision du Code de la famille et l’autonomisation de la femme.

Professeur Marie-Thérèse Kenge Ngomba,doyenne de la faculté de droit à l'Unikin

Professeur Marie-Thérèse Kenge Ngomba,doyenne de la faculté de droit à l’Unikin

Infobascongo (IFB): Depuis quelques jours, vous avez été élue doyenne de la faculté de droit. C’est une grande première. Et, vous venez d’organiser une conférence-débat sur la révision du Code de la famille et l’autonomisation de la femme. Quel message avez-vous bien voulu véhiculer ?

Marie-Thérèse Kenge (MTK) : Mon élection est à la fois symbolique parce que j’ai été élue en mars, le mois de la femme. J’en profite pour féliciter mes pairs, les professeurs qui ont placé en moi leur confiance. La conférence est organisée à deux titres. D’abord pour clôturer le mois de la femme à la faculté de droit et ensuite pour traiter d’une question d’actualité : la révision du code de la famille dans ses dispositions discriminatoires à l’égard de la femme . La question d’actualité aujourd’hui, comment la loi peut autonomiser la femme. Et pour cela, nous avons au parlement des textes en chantier. C’est d’abord la révision de quelques dispositions du Code de la famille en rapport avec le genre. Et, c’est ensuite la loi de la mise en œuvre de la parité qui a été votée après l’arrêt de la cour suprême de justice mais qui attend sa promulgation ou son traitement en commission paritaire au parlement. J’ajoute en troisième lieu que nous avons voulu renouer les étudiants de la faculté de droit avec les habitudes des conférences car, la science, c’est le savoir, c’est aussi l’actualité. Les étudiants doivent être informés et formés sur les questions juridiques d’actualités.

IFB : Pourquoi le choix du thème : révision du Code de la famille et autonomisation de la femme ?
MTK : Nous devons d’abord nous conformer aux conventions internationales qui prônent l’égalité homme-femme sur le plan de l’accès égal à beaucoup de domaines. Deuxièmement, le monde évolue. Il faut rendre la femme compétitive sur le plan de l’accès au travail que ce soit dans le domaine public ou dans le domaine privé. Pour nous, nous sommes favorables à la révision du Code de la famille sur ses dispositions discriminatoires en supprimant l’autorisation maritale. L’arrêt de la cour suprême de justice a parlé de l’égalité, de la justice et de la représentation équitable. Pour nous, la représentation équitable est de 50%. La faculté de droit a donné cet exemple parce que sur les quatre membres du bureau décanal, la doyenne et la secrétaire académique sont des femmes et les deux vice-doyens sont des hommes. Chez nous, les 50% sont déjà opérationnels.

IFB : Qu’est-ce qui a milité pour votre élection ?
MTK (rire): Je dis toujours que c’est à mes électeurs de répondre. C’est eux qui peuvent savoir pourquoi ils m’ont élue. Mais en un mot, ils ont vu mon cursus, ils ont vu mon parcours. J’ai travaillé aux cotés d’eux, je peux dire que c’est la méritocratie.

IFB : Quel message avez-vous lancé à la jeune fille ?
MTK : A la jeune fille, nous avons parlé des textes que nous avons analysés : la révision du Code de la famille, les violences sexuelles et leur répression par les lois de 2006 et l’arrêt de la cour suprême de justice concernant la loi de mise en œuvre de la parité. C’est bien que nous ayons toutes ces lois mais, la jeune fille, c’est d’abord l’accès à l’éducation. Elle doit savoir qu’elle doit être compétitive au côté de l’homme. Ce qu’on lui offre, ce n’est pas sur un plateau d’argent, elle doit le mériter. Pour cela, elle doit étudier, s’informer, travailler, acquérir les compétences qu’il faut pour que demain sur le marché de l’emploi, sur le marché de la fonction publique qu’elle soit compétitive.

 

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