Matadi : Ephphata, l’école des sourds-muets mal loti mais performante

Matadi : Ephphata, l’école des sourds-muets mal loti mais performante
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En Rd Congo, être sourds-muets est tout sauf facile. Abandonnés à leur triste sort, l’avenir de ces malentendants est souvent incertain. A Ephphata, l’unique école pour sourds-muets de Matadi au Kongo Central, les enseignants conscients de cette réalité se battent pour encadrer les enfants. Les résultats sont encourageants mais l’école manque cruellement des moyens.

Des élèves sourds-muets observent le salut au drapeau à Matadi/Infobascongo

Des élèves sourds-muets observent le salut au drapeau à Matadi/Infobascongo

A l’Examen national de fin d’études primaires (Enafep) 2014-2015, les élèves d’Ephphata ont réalisé un taux de réussite de 100%. Le premier a obtenu 61% et le dernier 51%.
En effet, leurs encadreurs font de l’amélioration de l’enseignement leur cheval de bataille. ’’Le travail que nous faisons est très dur. Imaginez qu’on nous amène un enfant sourd-muet qui ne sait rien mais nous nous battons pour qu’il arrive à lire et à écrire au fil du temps’’, se vante Paul Dibanga, le directeur. Il enchaîne :’’La différence avec les entendants se trouve seulement au niveau de l’enseignement. Le nôtre est spécial. La communication se fait par la langue des signes et ce, malgré qu’il y a une crise de vocabulaires.’’

Mal loti
Cependant, le progrès d’Ephphata se réalise avec les moyens du bord. Cette école évolue dans la cave du foyer social du quartier populeux de Nzanza. Les salles non éclairées exposent les élèves sourds à la cécité. Les bancs sont insuffisants, les toilettes sont inexistantes, les enseignants manquent des matériels didactiques…’’Nous nous battons d’ailleurs pour mettre à leur disposition un dictionnaire de langue des signes en vue de leur permettre de capter les mots difficiles’’, explique Dibanga. Les élèves qui vivent au quotidien ces difficultés veulent que la situation change. ‘’Nous demandons au gouvernement de nous aider.Nous refusons que notre enseignement soit au rabais’’, implore en langue des signes Vumi Dheda, élève en première année secondaire.
Fin juin 2013, une lueur d’espoir pointait à l’horizon. Le gouvernement provincial a, au cours du conseil des ministres, levé l’option d’allouer 3000 dollars US comme frais de fonctionnement à Ephphata. Mais, ce montant a été revu à la baisse. ‘’Malgré cela, nous avons reçu que trois fois 1300 $’’, regrette le directeur.

Discriminés
Néanmoins, les enseignants ont toujours le cœur à l’ouvrage. Ils s’évertuent à appliquer les recommandations du ministère de l’enseignement primaire, secondaire et initiation à la nouvelle citoyenneté. Ce matin quand je les visite, ils font observer le salut au drapeau. Les enfants apprennent l’hymne national. Malheureusement, le drapeau ne peut être hissé. ‘’On a vu des écoles recevoir les drapeaux mais nous, nous avons été oublié. C’est ce qui se passe chaque fois quand des biens sont distribués dans des écoles. Pourquoi cette discrimination ?’’, s’interroge le directeur.

Le 29 septembre est la journée mondiale des sourds-muets. Le thème retenu est:sensibiliser la population à la renaissance de la culture des sourds et la langue des signes.

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