Distribution des manuels pour les classes montantes en ” Kikongo du Bandundu ”, faux problème pour les experts de l’éducation du Kongo central

Distribution des manuels pour les classes montantes en ” Kikongo du Bandundu ”, faux problème pour les experts de l’éducation du Kongo central
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La distribution des manuels, guides et dictionnaires en ce qu’on appelle ” kikongo du Bandundu ” aux classes de 1ère, 2ème et 3ème primaire du Kongo central par le gouvernement, le jeudi 8 janvier à Matadi par Ricky Ndamba, le ministre provincial de l’enseignement primaire, secondaire et technique (EPST), n’a pas enchanté plusieurs habitants. Mais ce n’est pas de l’avis des experts en éducation de cette province.

” Je m’insurge en faux contre cela. Le ” Kikongo de Bandundu ” n’existe pas, celui du Kongo central n’existe pas. Il n’existe qu’une seule langue qu’on appelle Kikongo et qui a ses variantes selon les coins. On n’a pas écrit ce manuel en dialecte mais en langue nationale : le Kikongo ”, défend Timothée Ngandu, le directeur de la province éducationnelle adjoint du Kongo central 1.
Dans un des documents on peut lire:” Kutanga ti kusonika 3 buku ya longi ” (le livre du maître pour la 3 ème primaire, lire et écrire, Ndlr). C’est ce que les ressortissants du Kongo central appellent Kikongo du Bandundu. En effet, la différence se trouve dans la conjonction ”ti” qui signifie “et” en francais qui est remplacée par ” mpe” en Kikongo ya l’État, celui parlé au Kongo central.
Les manuels, guides et dictionnaires que le ministère de l’Enseignement primaire, secondaire et technique (EPST) a mis à la disposition des classes montantes de l’école primaire sont dans les quatre langues nationales et le Kikongo est une de ces langues. Il s’agit, pour la province éducationelle Kongo central 1, de 3 954 dictionnaires français-Kikongo, 186 914 manuels compilés écriture et lecture et de 5 357 guides pour les enseignants, financés par la Banque mondiale.

” Faux problème “

Cependant, beaucoup d’habitants du Kongo central préfèrent le Kikongo ya l’État, leur langue.
Les autorités de l’ESPT au Kongo central ont reçu dans leurs bureaux des députés et autres habitants qui sont allés rouspéter.
Dans les réseaux sociaux, ces manuels alimentent les conversations. ” A notre époque, à Matadi par exemple, les manuels utilisés étaient imprimés en kimanianga, et ça ne gênait personne. La solution pour atteindre l’objectif visé, celui de doter l’enfant des connaissances de sa culture via sa langue maternelle, aurait été que ces enseignements se passent en kilemfu, kimpangu, kimbeko, kimbata, kinzungi, kihumbu, kindibu, kilari, kidondo, kinsundi, kimboma, kimvungi, kiyombe, kiwoyo, kisolongo…Faute de le faire et en attendant, nous aimerions que le Kikongo ya l’État de Matadi prenne la place ”, a écrit un internaute qui a signé Kulutu.
Au Kongo central, un inspecteur de l’enseignement, Enoch Mabanza, a écrit deux livres sur la grammaire pour les élèves de l’école primaire: Kikongo ya l’État et Grammatika 3. Mais la promotion de ces ouvrages n’a pas été faite.

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Pour ces nouveaux documents, plusieurs habitants du Kongo central les boudent. ” C’est un faux problème. Les langues, il y a toujours des variantes et ce Kikongo (dans ces manuels, guides et dictionnaires),tout le monde le comprend. Regardez à l’est, il y a le swahili qui est parlé au Katanga, au Kivu et dans l’ancienne province orientale en dépit des variantes. Déjà même pour le Kikongo parlé à Matadi et à Boma, il y a des variantes. Ce sont des manuels rédigés en Kikongo, les enfants vont bien les comprendre ”, apaise Lambert Mbadu, le directeur de la province éducationnelle Kongo central 2.
” Parmi ceux qui rouspètent, beaucoup ne s’expriment même pas en Kikongo de Matadi ou de Boma, disons du Kongo central, mais veulent nous prouver que les manuels sont en Kikongo du Bandundu. Triste, regrette Timothée Ngandu. Quand ils apprennent le latin ou l’anglais à l’école, deux langues étrangères, personne ne s’y oppose mais quand il s’agit du Kikongo, langue nationale, ça suscite un tollé au Kongo central, c’est incompréhensible et inadmissible.”

” Soutenez ce manuel “

En RDC, des études menées par des chercheurs du ministère de l’EPST sur les échecs scolaires enregistrés pour les élèves en 1ère primaire, les avaient conduits à comprendre que c’est à cause de la langue étrangère que l’enfant rencontre dès qu’il quitte la maison pour l’école. C’est le pourquoi de l’élaboration de ces manuels.
Mais il y a aussi le fait que les langues nationales sont en train de disparaitre. Parmi les experts qui ont conçu ces manuels, figurent ceux du Kongo central.
” Cela fait partie d’une réforme éducative. Lorsque l’enfant apprend dans sa langue locale, il y a un développement cognitif spectaculaire “, informe Lambert Mbadu. ” Que les Ne kongo cessent ce faux débat. Le Bandundu et le Kongo central sont pris en compte dans l’élaboration de ces manuels. Aucune province n’est favorisée au détriment de l’autre. Soutenez ce manuel, cette réforme, c’est pour le bien des Congolais, “ conseille Timothée Ngandu, le directeur adjoint de la province éducationelle Kongo central 1.

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