A Kimpese, aux funérailles des membres de BDM assassinés, un seul refrain: justice

A Kimpese, aux funérailles des membres de BDM assassinés, un seul refrain: justice
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Enfin, les membres de Bundu dia Mayala (BDM) tués par les forces de l’ordre au km5, à Songololo dans le Kongo central sont inhumés. A la morgue de Kimpese, justice pour ces victimes a été demandée.

Froid au dos! C’est la sensation de plusieurs personnes à l’esplanade du reposoir de l’IME Kimpese en regardant les 15 cercueils où sont placés les membres de BDM. Des drapeaux de ce parti de Ne Muanda Nsemi enveloppent ces bières. Que de gens éclatent en sanglots. Vice-président de ce parti politique, Ne Wapusu appellent ces morts ”Martyrs pour le combat d’un état de droit”. ”Qu’avaient-ils commis comme crime pour mériter une mort si crapuleuse? Qu’avaient-ils commis pour être séparés impitoyablement de leurs femmes et enfants devenus veuves et orphelins?”, s’interroge-t-il. ”Les parents d’Afrique, le peuple de la résistance” comme il appelle les membres de BDM, ne célèbrent pas la mort de ces 15 personnes mais la vie. ”La vie de ceux qui sont morts pour la simple raison qu’ils sont membres de BDM, parce qu’ils étaient réunis pour rendre grâce à Mfumu Oma Kongo (leur dieu) et surtout parce qu’ils sont les petits-fils de Mfumu Ne Muanda Nsemi”, dit-il.

Pas de justice

En effet, ce n’est pas la première fois que des membres de BDM sont fauchés par les forces de l’ordre. Ne Wapusu remémore l’assistance. ”En 1995, nous avons connu plusieurs massacres de Luozi à Kinshasa, de Kinshasa à Tshela sans que leurs auteurs ne puissent être inquiétés par la justice. Pendant des décennies, nous comptons de milliers de morts sans qu’un seul de leur gourru ne soit condamné”, dénonce-t-il, avant de se demander ”s’ils sont des êtres humains, des Congolais pour bénéficier de la même protection de la vie et si on peut les écraser comme des fourmis sans que personne ni aucune ONG des droits de l’homme ne puissent hausser le ton pour réclamer justice?”.

Rendre justice

Ce qui est vrai, c’est que la nuit du 21 au 22 avril 2020, ces 15 membres ont été écrasés comme des fourmis. BDM qualifie leurs bourreaux comme ”des gens remplis de haine, d’animosité, guidés par le souci de discrimination et d’extermination de ses membres”. ”J’espère que la justice qui est en train de faire son travail continuera jusqu’à la fin. Que ce genre des scènes ne se répète plus”, exige Jean-Claude Mvuemba, le président de l’Assemblée provinciale. ”La vie a du prix devant tout le monde. Face à cette situation, notre justice continuera à faire son travail et que les coupables seront connus et condamnés”, espère Atou Matubuana, gouverneur du Kongo central.
Une foule compacte en pleurs accompagne en guise d’aurevoir le cortège funèbre. L’ASBL ”Kongo dia mpa” avait organisé une collecte auprès des Bakongo pour l’achat des cercueils. Il y a aussi eu l’implication de la députée Nelly Mwuinga, élu de Songololo et celle du gouvernement provincial et central.

C’est au km5 où ils ont été tués que ces 15 militants de BDM reposent pour l’éternité.

Mamy Matondo porte un nouveau-né de trois mois. Elle l’a accouché pendant que le corps de son mari était gardé à la morgue. Avec ces six enfants, elle se questionne: ”Comment s’y prendre? ”

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