Solidaires, l’Afejuco Kongo central décidée de poursuivre la lutte pour l’égalité et la justice pour tous

Solidaires, l’Afejuco Kongo central décidée de poursuivre la lutte pour l’égalité et la justice pour tous

Réfléchir, échanger, s’encourager et se mobiliser ! La rencontre entre les membres de l’Association des femmes juristes congolaises (Afejuco), section du Kongo central sur l’émergence et la compétitivité de la femme en général et de la femme juriste en particulier a tenu ses promesses vendredi 12 mars dans la salle du barreau, à Matadi.

Elles sont nombreuses, tour à tour, elles prennent part à l’estrade. Enthousiastes, ces femmes, avocates , magistrates et femmes des entreprises parlent de leurs expériences. Avocate, Hermine Pasua a quatre ans d’expérience. Elle preste dans le cabinet de Me Cherine Luzaisu. Avant d’entrer dans la profession, des faveurs sexuelles lui étaient demandées Elle a su les repousser et a réussi à son test d’entrée au barreau. Grâce à son sérieux et à sa pugnacité, elle qui est épouse et mère parvint à se frayer un chemin dans l’avocature. Me Monstera a, elle aussi bataillée dur. Elle explique combien elle a été marginalisée dans la profession à cause des préjugés des hommes sur la femme. Elle commente sa recette, ses succès qui s’accompagnent de temps en temps d’une salve applaudissements. Un vrai parcours de combattant. ”On n’était pas toujours à la hauteur mais on s’est battue. Parfois en tant que femmes, nous nous mettons des limites. Nous devons en sortir, nous devons aller plus loin dans le cadre de l’émergence. Nous devons travailler en visant loin par rapport à ce qui va arriver dans notre pays et dans notre barreau en nous soutenant, conseille-t-elle. Parmi les battantes, elle cite Me Nelly Muinga, députée nationale. Cette dernière fera son entrée quelques minutes plus tard dans la salle. Elle a parcouru 365 km de Kinshasa pour participer à ces échanges. Sa victoire aux élections législatives de 2018 après les tentatives de 2006 et 2011 corroborent les dires de Me Monstera. C’est un succès qu’elle doit aussi à son combat en faveur des habitants défavorisés du territoire de Songololo.

Toute jeune Me Saolie Diakiese s’était déjà démarquée dans la défense des droits de la femme. Elle raconte une histoire assez éloquente.

Me Saolie Diakiese

                                                                      

Devenue avocate, elle s’est davantage armée de sagacité et d’abnégation. A la CPI alors qu’elle jouissait du statut de professionnel invité, Saolie s’est décarcassée pour rencontrer Fatou Bensouda, la procureure en vue d’exposer sur les violences sexuelles en RDC, des interventions qui pourtant ne revenaient qu’à ceux qu’on appelle des experts. ”Les gens étaient éblouis et cela m’a donné beaucoup d’opportunités. Au-delà de tout, on reste femme mais nous brillons par nos intelligences”, se vante-t-elle. Sa maman l’a beaucoup inspirée. Thérèse Kapiamba a également pour modèle sa maman, une femme des principes et dynamique. Cette magistrate habite la cité énergétique d’Inga à 50 km du tribunal de grande instance de Matadi, son lieu de travail. A son retour, un homme et des enfants l’attendent. Elle brave les difficultés parce qu’elle sait qu’aucun chemin des fleurs ne conduit à la gloire.

Un succès

Echanges et débats : la rencontre est un succès. ”Je suis satisfaite de cette rencontre combien louable que la présidente de l’Afejuco, Me Cherine a organisée. Nous sommes très contentes des échanges. C’est une belle initiative à organiser chaque année pour que la femme ne puisse plus se sous-estimer”, exulte Me Frida Sundi. ”C’était profitable. Nous avons appris des choses que nous ignorions. La femme doit se réveiller, dénoncer les violences en n’ayant pas peur de ne pas se retrouver, elle qui dans sa tête pense que tout doit provenir de l’homme. Elle doit être compétente et consciente”, ajoute Me Espérance Menga. ”C’est dans ces échanges que les jeunes trouveront la force de ne point abandonner et de continuer à croire en leurs rêves lorsqu’elles ont décidé de faire carrière. C’est pour des actions collectives, solidaires et intersectionnaires que nous pouvons arriver à une transformation profonde de la société. Nous devons influencer positivement nos milieux et spécifiquement nos milieux de travail”, indique Me Cherine Luzaisu, présidente de l’Afejuco, Kongo central.

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