Au Kongo central, 60% des jeunes atteints du VIH/Sida parmi ceux testés : des jeunes formés pour renverser la tendance

Au Kongo central, 60% des jeunes atteints du VIH/Sida parmi ceux testés : des jeunes formés pour renverser la tendance

Ils ont entre 12 et 19 ans, des jeunes, tous de Boma Bungu, en territoire de Moanda, au Kongo central à avoir appris sur le VIH/Sida du 24 au 26 avril grâce au Programme national multisectoriel de lutte contre le Sida (PNMLS). Ils doivent sensibiliser leurs semblables auprès desquels on trouve plus de 60% des malades. Ils se disent tous prêts.

Deux adolescents s’adressent à un groupe des jeunes. Ils se présentent, leur expliquent qu’ils sont des pairs éducateurs porteurs d’un message sur le VIH/Sida. Détendus, ils en donnent les modes de transmission, relèvent sa dangerosité mais aussi que cette maladie gagne plus de 60% des jeunes comme eux. ” La meilleure façon de se protéger de cette maladie est l’abstinence sexuelle ”, conseillent-ils. Ce n’est qu’une simulation de ce que ces 15 pairs éducateurs sélectionnés dans les aires de santé de la zone rurale de Boma Bungu en territoire de Moanda sont appelés à faire sur le terrain. Le Programme national multisectoriel de lutte contre le Sida (PNMLS) qui a conçu cette stratégie l’appelle ” All in ” (tous ensemble). Elle mobilise la communauté toute entière dans la lutte en vue de stopper la propagtion du VIH/Sida en milieu des jeunes et des adolescents.

Pairs éducateurs motivés

Sous l’encadrement des infirmiers titulaires de 72 aires de santé sélectionnées, les paris éducateurs sensibilisent deux fois par mois au maximum sur la pandémie et sur les thèmes corollaires comme les Infections sexuellement transmissibles (IST), la santé de la reproduction et les violences basées sur le genre. L’objectif est de mettre fin à la propagation du VIH Sida d’ici à 2030. Ces pairs éducateurs outillés veulent aider à l’atteinte du pari. ” Je suis contente et je remercie le médecin chef de zone Dr Jonas Phuati et monsieur Isidore Mabiala, le secrétaire exécutif provincial du PNMLS pour cette formation. Avant, je considérais le VIH/Sida comme une affaire des adultes mais on nous a démontré le contraire. Les jeunes sommes les plus touchés, je vais sensibiliser les amis ”, décide Mersenne. Belbiche elle, va dire aux autres filles de faire attention à la mauvaise compagnie ”car une fille qui tombe enceinte à 15 ans,16 ans, déshonore sa famille en plus des conséquences à subir”. La formation était sans tabou, ce que des parents à cause de la culture peinent à expliquer à leurs enfants. ” Je n’ai plus honte d’en parler. J’irai dire à d’autres jeunes que le VIH/Sida existe et que nous devons l’éviter ”, lance motivé Jean-Marie Lukeni.

‘’Lorsqu’on aborde la question de sexualité en milieu des adolescents et des jeunes, ça ne signifie pas que nous encourageons ces derniers à la débauche. Les parents doivent savoir que si les enfants brisent le tabou en famille, ça leur éviterait des dérapages. Parce que les informations de la rue risquent de les désorienter’’, explique Isidore Mabiala, le secrétaire exécutif du PNMLS.
Sur le terrain, ils feront aussi face à des questions coriaces. Ces jeunes vont dans ce cas recourir à leurs encadreurs ou aux infirmiers titulaires.

Les moins de 15 ans en danger

Au Kongo central, les jeunes et les adolescents sont de plus en plus infectés du VIH. En 2020, le PNMLS a enregistré 2 023 nouvelles infections dont plus de 60% de la population infectée par la maladie concerne les jeunes de moins de 15 ans. ” C’est une réalité malheureusement dans notre province. Plus de 2 000 personnes infectées, c’est énorme! Nous devons arrêter la contamination. Si hier, nous parlions de la situation au niveau pays et mondial, aujourd’hui, c’est une situation que nous vivons dans notre province ”, regrette Isidore Mabiala. Il s’interroge : ” Qui parle du VIH/Sida ? En dehors du paludisme, il y a plusieurs corollaires. Des nombreuses questions qui relèvent des consultations dans nos hôpitaux. Il y a les IST, la santé de la reproduction avec plusieurs conséquences jusqu’à la stérilité. Pourquoi les filles doivent être rendues mères avant 14 ans ? Voilà des problèmes qui nous préoccupent. C’est pourquoi, nous sommes dans la zone de santé de Boma Bungu en fonction de sa vulnérabilité au VIH/Sida, puisque la zone partage les mêmes réalités avec la ville de Boma. Une zone avec beaucoup de phénomènes: IST, avortements, des filles rendues grosses, il fallait une réponse. ”
A travers All In, les pairs éducateurs vont servir de relais entre jeunes et centres de santé, entre jeunes et parents mais aussi appuyer les structures d’encadrement des jeunes dans le but de contribuer au changement et au renforcement des comportements positifs.

Le PNMLS exécute ce programme avec l’appui de l’UNICEF.

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