L’agriculture familiale face aux effets du changement climatique et la covid-19 au cœur du Festival Alimenterre à Boma

L’agriculture familiale face aux effets du changement climatique et la covid-19 au cœur du Festival Alimenterre à Boma

Les participants à la 2ème édition du Festival Alimenterre 2020 qui se tient à Boma, 2ème ville du Kongo Central du 20 au 21 mai 2021, analyse la problématique de l’agriculture familiale dans un contexte marqué par les effets du changement climatique et de la covid-19.

Quelles mesures d’atténuations et d’adaptation au niveau national, provinciale et locale ? En présence du chef de l’inspection urbaine de l’agriculture, représentants des organisations paysannes et de la société civile, chercheurs et étudiants ainsi que d’autres acteurs du secteur agricole analysent cette question pour débattre de l’avenir de l’agriculture face aux effets du changement climatique. Le  Centre national d’appui au développement et à la participation populaire(Cenadep) en est l’organisateur. 

L’agriculture familiale englobe toutes les activités reposant sur la famille, en relation avec de nombreux aspects du développement rural. Ce mode d’agriculture très répandu à travers le monde joue un rôle socioéconomique, environnemental et culturel important. ‘’ L’agriculture familiale reste une solution palliative à la malnutrition au niveau de la famille et une solution de l’autosuffisance alimentaire au niveau de la famille élargie en plus de permettre l’augmentation des revenus ‘’, explique Ernest Ntumba, chef de projet WWF au Kongo Central. Pour lui, ’’ le coronavirus intervient plus dans les conditions de santé de la famille. Et si les conditions du milieu ne sont pas propices pour cultiver, l’agriculture familiale ne va pas exister  et si les communautés ne sont pas en bonne santé pour faire cette agriculture, c’est aussi un problème très crucial donc le lien est étroitement direct’’.

Cultiver avec vision

 ‘’L’agriculture familiale est confronté aux effets du changement climatique. Déjà vous constatez que le dérèglement du calendrier agricole est réel. Aussi, la question de l’accaparement des terres de sorte qu’il y a des agriculteurs qui se retrouvent sans terre en plus de la Covid-19’’,  fait remarquer Aimé Lusambulu, chef du projet SIA et organisateur du festival. … Pour lui, ‘’ avec l’agriculture familiale on peut nourrir tout le pays. La loi agricole existe mais il faut un accompagnement des producteurs.  Si l’Etat peut leur donner des subventions, je crois qu’ils pourront augmenter la production et répondre au besoin alimentaire de la RDC ’’. Sylvie Bindele, coordonnatrice du Cenadep, pense ‘’ qu’il faut en outre une prise de conscience des opérateurs agricoles. Beaucoup cultivent la terre sans vision ‘’.

Promouvoir un modèle agricole durable

‘’ Face à la Covid-19, le maintien du respect des mesures barrières tels qu’édictées par les autorités devrait être de mise. Quant au changement climatique, le paysan doit appliquer l’agriculture en plusieurs variétés, promouvoir la reforestation ‘’, complète Ernest Ntumba. Certains participants estiment pour leur part que l’Etat devrait revoir le budget alloué dans ce secteur et réhabiliter les routes de desserte agricole.

Le Festival Alimenterre offre un cadre d’échanges et de débats ou tous les points de vue sont mis en interaction pour promouvoir un modèle agricole durable, rémunérateur et équitable est aussi  un espace d’exposition. Des hommes et des femmes opérateurs agricoles en ont profité pour vendre les produits de leurs activités à un prix promotionnel. Informer et sensibiliser la population et les décideurs à la nécessité de soutenir un modèle agricole plus équitable  et plus respectueux de l’environnement  et des écosystèmes tout en misant sur les exploitations familiales pour non seulement relever le défi alimentaire mais aussi lutter efficacement contre la pauvreté, tel est l’objectif poursuivi par les organisateurs.

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