Matadi une des villes les plus pollueuses des océans

Matadi une des villes les plus pollueuses des océans
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La pollution au plastique affecte de plus en plus les fonds marins. Selon Greenpeace, environ 12 millions de tonnes de plastique se trouvent à ce jour dans nos océans. Si près de 20 % proviennent de matériel de pêche abandonné en mer, 80% y arrivent par les ruisseaux, les rivières et les fleuves. Parmi ces cours d’eau, les ruisseaux appelés en langue locale  »Kimpoto », à Matadi, fenêtre de la RDC ouverte à l’extérieur par l’océan atlantique.


Aux premières heures du matin, Christelle Pemba, une ménagère du quartier Sep Congo, déverse par dessus les rampes du pont enjambant le ruisseau de son quartier, un récipient d’environ 50 cm3 plein de déchets de toute nature.  »Nous n’avons pas de choix, c’est notre quotidien, se justifie-t-elle, Car hormis ce Kimpoto, il n’y a pas de décharges publiques encore moins un service de ramassage d’ordures dans la ville. » Comme elle, tous les 98 778 ménages que forment les 439 257 habitants de Matadi font quasiment de même.  »Ils ne se demandent même pas où les déchets ainsi déversés finissent leurs courses ».


Rien que du plastique comme emballage

Dans les activités commerciales dans cette ville portuaire, de la tomate aux boissons en passant par les appareils électroniques … tout est livré dans des emballages plastiques. Du coup, la ville dépourvue d’éboueurs se retrouve avec des dizaines de milliers de tonnes de ces déchets non biodégradables dans des poubelles domestiques et dans des caniveaux. Une bonne partie jonche les rues. Dès la première pluie, ils sont charriés dans les  »Kimpoto » pour finir leurs parcours dans l’Atlantique par le canal du fleuve Congo et son affluant, la rivière Mpozo. Deux bassins versants de la ville où se jettent tous les ruisseaux séparant les différentes collines de la ville au relief pittoresque.

Le constat est alarmant comme le démontre une étude du Bureau d’études, d’aménagement et d’urbanisme (BEAU) présentée fin mai dernier devant la société civile.  »Matadi comme toutes les villes de la RDC est loin d’être écologique », renseigne t-elle. D’où la préoccupation des organisations d’engagement citoyen.  »Nous appelons les ministères de l’environnement et de l’industrie à limiter la production de plastique et à développer des filières de recyclage de proximité », lance Belesi Ngenge ,le président du comité urbain qui signale  »qu’ils mobilisent déjà la population à la culture des travaux collectifs d’assainissement chaque samedi, à la mairie de rendre disponibles des engins pour l’évacuation d’ordures vers les décharges publiques ».

Un plan d’aménagement en gestation


Après près d’un mois d’études dans la ville, un Plan urbain de référence est sur le point de voir le jour dans le cadre du Projet de développement urbain (PDU) financé par la Banque Mondiale. Selon Jean Claude Ngoie, directeur général du Beau,  »ce plan est une projection de Matadi à l’horizon 2035. Il prévoit l’aménagement de vieux quartiers et la construction de deux nouvelles cité pilotes. Tout en respectant les exigences de l’écologie, il prend également en compte l’expansion de la ville vers les rives droites de la rivière Mpozo et du fleuve. In fine, Il sera soumis aux institutions du pays pour qu’il soit promulgué sous forme d’une loi opposable à tous ».

 »En attendant le maire et sa population doivent tourner leurs méninges pour que Matadi cesse de polluer les eaux car le Congo est l’un des poumons verts du globe », conclut-il.

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