Rester torse nu pour survivre dans la  »fournaise » surpeuplée de Makala

Rester torse nu pour survivre dans la  »fournaise » surpeuplée de Makala
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Que vous soyez détenu ou prisonnier au centre pénitentiaire de rééducation de Kinshasa, vous êtes face à des rudes conditions. Mieux vaudrait rester torse nu face au surpeuplement pour ne pas trépasser. Un manque criant des droits humains que le ministre Albert Puela découvre.

Dans leurs cellules, des prisonniers laissent apparaître leurs bustes et leurs bras.  »Faites-moi sortir d’ici, vocifère Babadji Djédjé, je risque de faire une crise cardiaque. » Détenu depuis sept ans, il n’ a jamais été jugé. Un exemple parmi tant d’autres. Djedje sont comme ça 8 453 dans cette prison centrale de Makala réservée depuis 1958 pour seulement 1 500 pensionnaires. Les mineurs s’y trouvent aussi:399 dont neuf filles. Conséquence: son centre médical est bondé.
Deux malades partagent un grabat.  »Avec ces conditions, comment voulez-vous que ces prisonniers échappent à la contamination de la Covid 19 qui est à sa 3ème vague en RDC? », interroge Jados Vibila, le médecin directeur de Makala. C’est un centre que de nom.  »Ici, nous ne sommes pas ravitaillés en médicaments mais nous croyons en la promesse du chef de l’État, nous attendons les médicaments promis. En plus, le personnel soignant ici n’a même pas de primes de risque, car ils travaillent comme bénévoles », maugrée le docteur Jados victime des railleries parce que contraint de référer des malades.  »Si nous étions équipés, nous allions traiter tous nos malades ici à Makala. Hélas! », peste-t-il.

Le ministre des Droits humains échange avec des responsables de la prison de Makala/Photo cellule de presse ministre Droits humains

Désengorger Makala

La première visite de Fabrice Puela dans cette prison en tant que ministre des Droits humains l’attriste.  »Des solutions les plus urgentes s’imposent pour désengorger les prisons, je veux faire rapport au Premier ministre, comme ça ensemble avec ma collègue, la ministre d’État de la Justice, nous puissions trouver comment donner les libertés conditionnelles et des libertés provisoires aux prisonniers qui en méritent », promet-il et que déjà il les met en garde:  »A vous qui allez bénéficier des libertés conditionnelles et préventives, ne récidivez plus, il faut que vous puissiez faire un examen de conscience pour que vous ne reveniez plus à cet endroit. »
Prochaines prisons à visiter: celles du Kongo central. Albert Puela s’y rend vendredi 11 juin.

Dans ses nombreux entretiens avec les ambassadeurs accrédités en RDC, les responsables des structures internationales et nationales des droits de l’homme, une phrase revient : respect des droits humains. La RDC a encore un de gros efforts à fournir.

photo d’illustration

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