”A Mbanza-Ngungu, la moyenne des décès par trimestre tourne autour d’une bonne dizaine,alors qu’à Matadi, c’est 64 décès par trimestre”: Albert Fabrice Puela découvre des prisons ”mouroirs” au Kongo central

”A Mbanza-Ngungu, la moyenne des décès par trimestre tourne autour d’une bonne dizaine,alors qu’à Matadi, c’est 64 décès par trimestre”: Albert Fabrice Puela découvre des prisons ”mouroirs” au Kongo central
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La visite des maisons carcérales du ministre des Droits humains est à l’étape de Matadi après celle de Mbanza-Ngungu, au Kongo central. Il y découvre des conditions carcérales rudes à la base de plusieurs décès. Son désir est d’humaniser les prisons mais aussi de les désengorger.

Ce sont des prisonniers la peau sur les os qui accueillent Albert-Fabrice Puela. Leurs conditions laissent à désirer. Du coup, certains parmi eux passent l’arme à gauche. ”A Mbanza-Ngungu, la moyenne des décès par trimestre tourne autour d’une bonne dizaine, alors qu’à Matadi, c’est 64 décès par trimestre.
C’est trop! Nos prisons sont devenues des mouroirs”,
s’indigne le ministre des Droits humains.


Au Camp Molayi, on y trouve une femme qui croupit en prison pour avoir demandé de la nourriture pour son nourrisson puis il s’en est suivi une altercation avec sa belle-famille, un policier qui montait la garde dans la résidence d’un responsable de la DGRKC qui, blessé par une arme à feu, a été arrêté à l’hôpital et acheminé en prison, un enfant né en prison et qui baigne dans ses 3 ans à ce jour.

Désengorger les prisons

La maison carcérale de Mbanza-Ngungu construite pour 38 prisonniers compte à la date du 13 juin, 393 prévenus et condamnés. Celle de Matadi prévue pour 150 pensionnaires en compte 615 dont 16 femmes ( 439 prévenus, 157 condamnés, 49 pensionnaires atteints de tuberculose ).

Lors du premier Conseil des ministres, le président de la République Félix Tshisekedi avait fait savoir au ministre Puela qu’il va l’accompagner pour améliorer les droits humains en RDC. ”Beaucoup d’entre vous avez une santé dégradante”, constate-t-il. Une évidence qui pousse les prisonniers à applaudir. ”La prison est un lieu de rééducation et non de la mort. Nous allons nous battre en harmonie avec la vice-Premier ministre de la Justice Rose Mutombo pour que dans le prochain budget, l’enveloppe allouée aux prisons soit revue à la hausse pour que l’on construise d’autres prisons mais aussi que l’on délocalise certaines institutions carcérales pour que les pensionnaires apprennent un métier”, promet Puela.

Pour désengorger cette prison, certains vont bénéficier de la grâce présidentielle, d’autres de la liberté provisoire, d’autres encore de la libération conditionnelle. ”Ne récidivez pas, devenez exemplaires”, conseille-t-il.

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