Les victimes de Tshisuku dans le Kasaï central: du charnier au mausolée

Les victimes de Tshisuku dans le Kasaï central: du charnier au mausolée

Une sépulture digne ! Albert-Fabrice Puela, ministre des Droits humains assiste à l’exhumation des ossements des victimes de Tshisuku, en territoire de Kazumba, dans le Kasaï central, mardi 22 juin. Le respect dû aux trépassés permet à ce que d’une fosse commune, ils reposent désormais dans un mausolée.

Tshisuku, place du marché central ! Des enfants, des jeunes, des femmes et des hommes attendent l’arrivée du ministre des Droits humains. Il est perceptible dans leur attitude, une montée de leur peine. Quand il arrive, même ceux qui tentaient de réprimer leurs émotions éclatent en sanglots. Quatre ans durant, ils n’ont jamais pu apprivoiser leurs douleurs. ‘’ Mwa Ngalamulume, pourquoi tu nous as fait ça ! C’est toi qui prenais en charge mes frères, toi qui plaidais pour nous ! ‘’, larmoyait une jeune fille. A chaque pleurs, ces habitants citent les noms de leurs membres de famille.

Un échantillon de reliques sont placés dans dix cercueils. De noir vêtu, Albert-Fabrice Puela s’incline devant leur mémoire. Ce qui s’est passé ce jour-là, Il s’en est fait une idée après que la lugubre scène a été théâtralisée. Ils ont peint des femmes qui rampent face aux pétarades des armes des militaires qui ont fait irruption. Le village tranquille de ce coin avait perdu sa quiétude. Les images fortes touchent la corde sensible de Puela. A genou, il demande pardon à cette population meurtrie.

Les dix bières sont enfin déposées dans un mausolée grâce au soutien du Bureau conjoint des nations unies aux droits de l’homme . Avec une inscription : les victimes de Tshisuku en territoire de Kazumba en date du 7 mai 2017. ‘’ Il était important que le droit des morts soit respecté surtout avec ce gouvernement de l’Etat de droit ‘’, apaise-t-il .  » Nous vous disons merci d’avoir bandé nos plaies. Nous sommes réconfortés de voir le gouvernement considéré la vie humaine ‘’, réagit le chef coutumier de Tshisuku.

‘’ Plus jamais ça ! ‘’

Mais, ce n’est pas tout pour ces habitants. Dans la foule sur les visages de certains perlent des larmes. Ils brandissent des papiers avec des messages clairs : A bas l’impunité ! Plus jamais ça ! Les victimes de Tshisuku réclament réparation. ‘’ Il est important que nous puissions bander les plaies des  membres de famille victimes de ce massacre et que les auteurs de ces actes subissent la rigueur de la loi ‘’, répond le ministre des Droits humains. Si pour beaucoup, Tshisuku peut enfin faire son deuil, pour les habitants, ils sont loin d’oublier ce jour morne. ‘’ Ce qui est fait n’est qu’un symbole, car les victimes, il y en a nombreux avec plusieurs restes, leurs chaussures, pantalons, baskets et autres vêtements nous les avons gardés   là  », pointe-t-il du doigt. C’est à cela que Albert-Fabrice Puela estime: ‘’ la justice transitionnelle doit suivre son cours parce que les conséquences de ces crimes continuent. ‘’

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