Financement de la Belgique sur la justice transitionnelle en RDC: Albert-Fabrice Puela plaide pour les victimes de BDK

Financement de la Belgique sur la justice transitionnelle en RDC: Albert-Fabrice Puela plaide pour les victimes de BDK
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Les victimes des atrocités de l’Ituri, Nord-Kivu, Sud-kivu, Tanganyika, Kasaï central et Kasaï orientale seront indemnisées dans le cadre du projet sur la justice transitionnelle. La Belgique met à disposition du Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’Homme. Cependant, Albert-Fabrice Puela, le ministre des Droits humains suggère qu’il soit aussi pris en compte les victimes de Bundu dia Kongo(BDK) du Kongo central.

C’est un ministre qui entre heureux dans la salle de conférence de l’ambassade de Belgique mercredi 14 juillet. Son engagement à voir les droits humains respectés commence à payer. C’est la présentation des activités qui seront mis en place dans le cadre de la justice transitionnelle, l’’accès à la justice pour les victimes. Il y a un débat entre les parties prenantes pour envisager l’avenir et faire le point sur la justice transitionnelle en RDC. ” Nous félicitons le ministre des Droits humains qui fait déjà un grand travail sur la protection des droits humains. Près de trois mois seulement depuis qu’il est là, il descend sur le terrain. Cela nous a poussé à mettre la main dans la caisse de la Belgique pour appuyer le gouvernement congolais dans la justice transitionnelle ”, encourage Thomas Steevins, ambassadeur adjoint et chargé d’affaires de cet ambassade.

Les victimes de BDK et de Nyumbi aussi?

L’enveloppe s’élève à 1,5 millions d’euros pour les victimes de l’Ituri, Nord-Kivu, Sud-Kivu, Tanganyika, Kasaï oriental et du Kasaï central. Dans cette dernière, des habitants pendant qu’ils vendaient au marché de Tshisuku avaient été fusillés par des militaires en mai 2017 et enterrés dans une fosse commune.   C’est seulement le 22 juin dernier qu’ils ont été exhumés et inhumés dans un mausolée grâce au BNCDH. Le ministre des Droits humains avait demandé pardon au nom du gouvernement et plaidé pour que leurs familles soient indemnisées dans le cadre de la justice transitionnelle. Ce 14 juillet Charles Kamwanga, le chef de groupement de Tshisuku était là. ”  Nous voulons qu’on nous construise des écoles, des centres hospitaliers, que l’on donne aux familles victimes de l’argent puisque certains enfants sont restés orphelins, certains parents sans enfants. Ils attendent du gouvernement un geste. Le pardon, c’est bien mais nous voulons du concret ”, insiste-t-il.

Lire aussi: Les victimes de Tshisuku dans le Kasaï central: du charnier au mausolée

Mais à la présentation de ce  projet d’appui aux activités du BCNUDH en matière de justice transactionnelle, de la lutte contre la corruption et la protection des victimes en RDC, Puela a plaidé pour l’indemnisation aussi des victimes de BDK. “Je le dis pas parce que je suis originaire du Kongo Central, mais parce que je viens de l’Assemblée nationale où j’étais membre de la commission qui s’est chargée de l’affaire BDK. Si on parle de Chebeya, c’est à cause du massacre de BDK ”, précise-t-il. En mars 2008, plusieurs adeptes de ce mouvement politico-religieux avaient été massacrés par les forces de l’ordre. Dans la foulée, Dickson Dikangu de la société civile demande aussi que les victimes du massacre de Nyumbi dans le Mai-Ndombe soient intégrées dans le projet. Directeur du BCNUDH, Abdoul Aziz Thioye en a pris bonne note.

Saisir l’opportunité

Pour le projet de la justice transitionnelle, il souligne que ‘’ la RDC est à un moment historique qui nécessite une synergie et une conjonction des efforts ‘’. ‘’ La société civile a atteint un certain niveau de coordination avec le soutien du bureau (BCNDH, Ndlr) et d’autres partenaires, se réjouit-il. Et, l’un dans l’autre, nous avons plus ou moins aujourd’hui suffisamment d’engagement avec le gouvernement, la présidence, les partenaires internationaux et le travail important de plaidoyer qui est fait au niveau international par le Dr Mukwege qui va nous permettre, je pense définitivement de saisir cette opportunité unique qui va nous permettre de créer les conditions pour tourner la page et à dresser les causes des conflits cycliques  qui existe en RDC.‘’ Et de conclure : ‘’ Sans cela, on ne pourra prétendre bâtir une paix durable. On ne pourra pas prétendre bâtir une sécurité durable, les deux sont gages d’un développement durable. ”

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