A la prison humaine de Luzumu, les pensionnaires apprennent des métiers

A la prison humaine de Luzumu, les pensionnaires apprennent des métiers
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A Luzumu, à Kasangulu, au Kongo central, on entre prisonnier, on en sort avec des métiers. Une des rares prisons en RDC qui respecte les droits de l’Homme, que le ministre des Droits humains Albert-Fabrice Puela découvre.

Si l’adrénaline lui monte dans les différentes institutions carcérales qu’il visite, ici, c’est un ministre des Droits humains visiblement souriant qui visite Luzumu. Au loin, il écoute des ronrons réguliers plus ou moins sonores. Lorsqu’il approche sous un hangar, il découvre des prisonniers qui s’affairent à coudre des vêtements. Les 570 pensionnaires de cette maison carcérale de 800 prisonniers apprennent à coudre. Certains sont devenus très habiles. Ils cousent des vêtements pour eux-mêmes, des uniformes pour les élèves, des blouses pour des centres médicaux, des habitants du village, etc.
Outre la couture, ils apprennent à cultiver. Les produits des récoltes leur servent pour la restauration mais aussi pour la vente à Matadi-Kibala et d’autres coins de la capitale, Kinshasa. Mêmement pour le pain qu’ils fabriquent.
Ajouter que chacun dort dans son lit, il y a une vraie pharmacie, des toilettes internes, de l’eau, une salle de cinéma et un centre médical équipé.

Des métiers au final

Les prisonniers quittent Luzumu en devenant couturiers, maraîchers, boulangers, menuisiers, électriciens et maçons.
Une réalité qui dépasse l’entendement d’Albert-Fabrice Puela. ”Si j’avais commencé par Luzumu, la réalité aurait été différente, Dieu a bien fait les choses que j’aie commencé par d’autres réalités. Je tiens à rendre hommage au président de la République et au Premier ministre. Ce que je viens de voir à Luzumu, c’est l’antithèse de tout ce qu’on a vécu ailleurs. Ça se passe de tout commentaire”, lance le ministre des Droits humains d’un rire d’étonnement. ”Je suis étonné que les standards que l’on a toujours vécu ailleurs que nous puissions les vivre ici. Pour dire que le Congo, ce n’est pas seulement la médiocrité, il n’y a pas que la crasse. C’est juste un problème de volonté, de bonne gouvernance. Il y a moyen de mieux faire”, estime-t-il.
Dans le magasin de Luzumu, la nourriture foisonne. Les pensionnaires ont droit à trois repas. Dans leur menu, il y a souvent la viande. Albert-Fabrice Puela tire son chapeau au gestionnaire de cette maison carcérale. ”Voilà le genre de prisons que nous voulons”, se réjouit-il. Construite en 1954, la prison de Luzumu a été réhabilitée par l’Union européenne en partenariat avec la coopération suédoise  en 2019 pour un coût de 5 millions d’euros. Le gouvernement congolais a défalqué 15% du montant. Bémol : l’état délabré de la route.

Mais la joie du ministre ne sera que de courte durée. Il découvre une prison de Kasangulu aux antipodes, un vrai prototype de celui de Mbanza-Ngungu, de Camp Molayi, à Matadi, de Boma, de Ndolo et Makala, à Kinshasa.

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