L’école de santé publique de Kinshasa publie les résultats de son enquête PMA sur la planification familiale au Kongo central

L’école de santé publique de Kinshasa publie les résultats de son enquête PMA sur la planification familiale au Kongo central
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L’enquête Performance monitoring for action-République démocratique du Congo (PMA-RDC) phase 2 sur la planification familiale au Kongo central réalisée par l’école de santé publique de Kinshasa , dans les Zones de dénombrement (villages) de districts de Boma, Matadi, Bas-fleuve, Cataractes et Lukaya, a dévoilé mercredi 4 août ses résultats. On y note des avancées mais aussi des faiblesses.

L’enquête menée dans 57 zones de dénombrement sur 1891 ménages a compris 1929 femmes âgées de 15 à 49 ans. Entre 2016 et 2021, l’enquête transversale révèle la hausse constante de l’utilisation des méthodes de contraception de longue durée de l’ordre de 8%. “L’implant est la méthode la plus fréquemment utilisée chez la femme vivant en union‘’, relève le professeur Pierre Akilimali, Principal investigateur de PMA-RDC. Il enchaine : ‘’Seules les femmes non mariées et sexuellement actives, utilisent plus souvent la contraception d’urgence. Le pourcentage de femmes qui déclarent que leur dernière grossesse n’était pas désirée lui, stagne. Il était à 62% en 2020 et il est à 63% en 2021. 81% de femmes ont déclaré que leur partenaire était au courant de la méthode qu’elle utilise.‘’ Autre motif de satisfaction : huit sites de prestation de santé sur dix qui offrent des implants, disposent d’un prestataire formé et sont équipés pour les insérer et les retirer. Cependant, il faut nuancer : les sites de prestations de santé offrent de moins en moins le dispositif intra-utérin (DIU) et la rupture de stock en implants et injectables, a été très marquée en 2021 comparée à 2020 car les produits commandés n’avaient pas été livrés. A cela s’ajoute, la mauvaise qualité du counseling. En effet, moins d’une femme sur six (16%) a reçu des informations complètes lorsqu’elles ont reçu des services de planification familiale.


 ‘’40% des femmes n’utilisent toujours pas de contraception‘’

L’enquête par panel de la phase 2 de PMA-RDC a révélé aussi ‘’qu’entre les deux enquêtes, 27% des femmes utilisaient une méthode contraceptive et ont continué à l’utiliser et 7% des femmes ont arrêté d’en utiliser‘’. Mais aussi que ‘’17% des femmes qui n’utilisaient pas de méthode contraceptive à l’enquête de base ont commencé à utiliser une méthode contraceptive‘’. Ce qui frappe dans cette enquête est que ‘’40% des femmes qui  n’utilisaient pas la contraception entre décembre 2019 et février 2020, continuent à être non utilisatrices de la contraception’’. “Ce qui est très grave”, déplore le Professeur Akilimali. Autres indicateurs, parmi les femmes de 15 à 49 ans ayant un besoin non satisfait à la phase 2, 19% ont arrêté d’utiliser une méthode contraceptive et 8% sont tombées enceintes entre les deux enquêtes. Enfin, 36% des femmes de 15 à 49 ans qui n’utilisaient pas une méthode de planification familiale à la phase 1 et qui avaient des besoins non satisfaits à la phase 1, ont adopté une méthode de contraception.


 Adopter des nouvelles stratégies

L’école de santé publique de Kinshasa a trois missions: l’enseignement, la recherche et le service à la communauté, énumère le professeur Désiré Mashinda, directeur de l’école de santé publique de Kinshasa. L’enquête PMA répond justement à cette mission de la recherche pour rendre service à la communauté car les données collectées sont des indicateurs fiables et factuels qui vont orienter les politiques et le programme de planification familiale pour le bien-être des communautés.” Chrisoly Mawete est le ministre provincial de la Santé. “Ce sont des résultats très importants pour la province, car ils vont nous permettre d’élaborer des nouvelles stratégies et nous allons faire le plaidoyer auprès du gouverneur de province pour mobiliser les fonds nécessaires pour appuyer les actions à mener dans l’objectif de réduire la mortalité maternelle et infanto-juvéniles au Kongo central”, promet-il. Dr Jacques Kimfuta, Chef de division provinciale de la santé embouche la même trompette. “Nous avons un problème de couverture géographique des interventions de planification familiale. Ces résultats viennent donc à point nommé, car ils décrivent les besoins non couverts, non satisfaits et ça va nous permettre dans notre planification d’intégrer toutes ces données pour voir où ajouter des interventions de manière à améliorer l’offre de services”, rassure-t-il.

Le PMA couvre neuf pays africains et l’Inde. C’est un projet de collecte des données sur le planning familial et la santé sexuelle et reproductive financé par la Fondation Bill et Mélinda Gates avec une direction et un soutien fournis par l’école de santé publique de l’université Jhons Hopkins Bloomberg des États-Unis d’Amérique et Jhpiego. Il travaille en collaboration avec les partenaires nationaux de chaque pays participant au projet.

En RDC, il couvre pour l’heure la capitale Kinshasa et la province du Kongo central. “Nous menons un plaidoyer afin qu’il soit étendu sur d’autres provinces du pays”, souligne le professeur Désiré Mashinda.

Lire aussi:Au Kongo central, la Covid-19 plombe la planification familiale et l’économie des ménages

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