Matadi: des habitants n’attendent plus les autorités pour se prendre en charge

Matadi: des habitants n’attendent plus les autorités pour se prendre en charge
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  • Tout est parti d’un sentiment de ras-le-bol : insécurité, insalubrité, enclavement…Ces habitants de Matadi qui se sentent abandonnés par le pouvoir public ont décidé de prendre le taureau par les cornes. Ils cotisent pour renverser la tendance.

  • Au prolongement de l’entrée La Tortue, à Kinkanda, est perceptible, une maçonnerie prête à recevoir le sommier en béton sur lequel reposera un tablier. Des habitants réunis au sein de l’Association ‘’Bon voisinage‘’ ont décidé de jeter un pont sur un ruisseau en vue de  désenclaver leur quartier relié par plusieurs avenues : Mwamba kalala, Nzau-Sola, Nsololo…par la construction d’un pont. Il sera d’une portée de 6,50 m et de 4,40 m. ‘’Quand il pleut, il est difficile de traverser de peur d’être emporté par les eaux de pluie. Même quand il ne pleut pas, c’est toujours un problème‘’, explique le président de l’association. Son voisin a vu sa femme se fracturer après une glissade. ‘’J’ai dépensé beaucoup d’argent pour ses soins. Ce pont va beaucoup nous aider‘’, soutient-il. Enclavés, les habitants de ce quartier se sont mis ensemble depuis 2017 pour ne pas continuer à attendre l’intervention improbable des gouvernants. C’est depuis juin 2021 qu’ils ont démarré les travaux de cet ouvrage de 16 000$. Pour la première phase, des familles sur la centaine répertoriées ont chacune débloqué 40$.
    A Soyo Safari, les habitants évoluent  dans un comité local de développement. Ils sont aussi en train de jeter un pont. De 20 tonnes pour un montant de 100 000$, il va non seulement désenclaver le quartier mais aussi  réduire les embouteillages de Buima et de l’entrée Dorcas. Un peu plus loin à ”Méteo” vers Soyo village, les habitants ont éclairé leur quartier pour notamment lutter contre l’insécurité galopante. Grâce à leurs cotisations, ils ont acheté des câbles électriques.

  • Prise de conscience saluée
    Dans maints quartiers de la ville portuaire, les habitants depuis près de deux ans ne veulent plus attendre l’Etat souvent aux abonnés absents pour se prendre en charge. ‘’Puisque nos cris ne sont jamais entendus, il est raisonnable de s’unir pour agir, prendre notre destin en main‘’, explique Bunda, un habitant de ”Méteo”. Cette prise de conscience fait des émules. La Radio télévision nationale congolaise, chaine provinciale du Kongo central a conçu ” Débout Congolais”, une émission pour encourager ces initiatives. ‘’C’est pour susciter de l’émulation, l’esprit de compétition entre quartiers‘’, explique Serge Banza, le concepteur de l’émission qu’il coanime avec Espérance Kamusha. Les appels des habitants à l’aide aux personnes de bonne foi y sont diffusés. C’est le cas de celui Pierre Lutoma, le président du comité des habitants de Soyo-Safari qui a poussé le président de l’Assemblée provinciale de se déplacer pour voir ce qui s’y réalise. Lutoma a même été invité au jardin botanique de Kisantu, à 235 km de Matadi par la Chambre de commerce du Kongo central. ‘’J’ai vu cet ouvrage. Sincèrement, j’étais positivement touchée. Nous savons dans quelle condition nous vivons. Ils n’ont pas attendu que l’autorité vienne, ils se sont pris en charge‘’, a applaudit Chantal Malamba, secrétaire générale de la CCIKC. Sa structure a promis de les accompagner.
  • Lire aussi: La CCIKC va soutenir les efforts des habitants de Soyo-Safari Matadi à désenclaver leur quartier

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