Au Kongo central, le bureau technique vétérinaire s’endette pour assurer la campagne de vaccination contre la rage

Au Kongo central, le bureau technique vétérinaire s’endette pour assurer la campagne de vaccination contre la rage
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Comme chaque 28 septembre, journée mondiale contre la rage, le bureau technique vétérinaire de Matadi s’est endetté pour assurer la campagne de vaccination de masse des animaux de compagnie. L’insensibilité des autorités ne décourage pas les agents. La campagne est lancée.

Par Laurent Mpaka et Chadrack Kayi, stagiaires, étudiants à l’Ulimat

Contention d’un chien munie d’une muselière, injection : la campagne de vaccination de masse des animaux de compagnie est lancée. Les habitants sont habitués à ces campagnes où ils paient moins pour vacciner leurs bêtes. ‘’ C’est pour la première fois que je vaccine mon chien. Je devais le faire car, il est très méchant. S’il mordait quelqu’un cela risque de poser des problèmes ‘’, explique le propriétaire d’un chien. Pour cette campagne, c’est 6 000 fc (3$) au lieu de 50$ en temps normal.

Pour sauver des vies, le bureau technique des services vétérinaires de la division provinciale de pêche et élevage organise des campagnes contre la rage. Comme toujours avec les moyens du bord. ‘’Nous nous sommes débrouillés au niveau du service pour pouvoir négocier avec les vendeurs de vaccins à partir de Kinshasa et voilà, nous nous sommes endettés », explique Bakebidio, des services vétérinaires de Matadi. Ils ont obtenu 1 700 doses et ont bénéficié de 290 doses d’un projet de l’Institut National de Recherche Biomédicale (INRB.) La demande de financement introduite au gouvernement provincial n’a pas donné des résultats.

Lire aussi:Au Kongo central, campagne de vaccination de masse des animaux de compagnie contre la rage dès le 28 septembre

Difficile atteinte de l’objectif 2030

La journée mondiale contre la rage est célébrée sous le thème : la rage réalité, pas la peur. La rage est une maladie qui est l’un des problèmes de santé publique et est soumise à une surveillance régulière selon les recommandations l’OMS et l’OIE (Organisation mondiale de la santé animale).

Ces deux organismes estiment que la maladie cause plus de 60 000 décès par an dans le monde. Avec la FAO, le nouveau forum (OMS et OIE, y compris, Ndlr) ‘’ Tous unis contre la rage’’ vise à progresser plus vite pour éliminer les décès dus à la rage transmise par les chiens d’ici à 2030.  ‘’ La stratégie la plus rentable pour prévenir la maladie chez l’homme est d’éliminer cette maladie chez les animaux sensibles vivant à ses côtés, chiens, chats et singes. Et l’élimination se fait par la vaccination de masse ‘’, prévient le Dr Léon Londa, chef de bureau urbain de Matadi. Difficile sans les moyens. Conséquence : ne sont ciblées que les grandes agglomérations comme Kasangulu, Madimba, Kisantu, Mbanza-Ngungu, Kimpese, Songololo, Matadi, Boma, Muanda, Lukula, Tshela, Kinzau-Mvuete et Inga.  » Le gouvernement doit prendre ses responsabilités parce que nous ne pouvons pas continuer à faire ce genre d’activité en se débrouillant. Quand on se débrouille, pour atteindre quel objectif parce que le souci c’est que pour espérer éradiquer la rage, il faut atteindre au moins 70% de la couverture vaccinale », soutient le Dr Christian Bakebidio. Il s’étonne que même les élus du peuple ne s’intéressent pas à ce problème de santé publique.

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