A Matadi, enseignants, responsables académiques et étudiants divisés sur le système LMD

A Matadi, enseignants, responsables académiques et étudiants divisés sur le système LMD
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La RDC se propose d’intégrer le système LMD(Licence master et doctorat) à l’enseignement supérieur et universitaire dès l’année académique 2021-2022. C’est une des décisions issues des états généraux de l’ Enseignement supérieur universitaire(ESU) tenus du 11 au 14 septembre dernier, à Lubumbashi, dans le Haut-Katanga. Les concernés perçoivent différemment ce système.

Par Laurent Mpaka et Chadrack Kayi

Antho Ngoma, chef de travaux à l’Institut Supérieur de Commerce de Matadi (ISC/Matadi)

« Ce n’est pas mal du tout, le raisonnement est bon. En principe on veut mettre le Congo au même diapason que les autres pays du monde entier qui utilisent ce système de formation qu’on appelle LMD.  Mon souhait est que l’on comment d’abord par les préalables c.-à-d. revoir le système de l’enseignement au niveau de la base pour permettre aux enfants qui vont affronter l’université d’avoir déjà des prérequis qui vont leur permettre d’amorcer directement le LMD. Dans l’entretemps, il y a déjà des étudiants en 2eme graduat, en 3eme graduat, en 1ère licence qui n’ont jamais étudié avec le système LMD. Qu’est-ce qu’ils ont pensé pour ses étudiants là. Au niveau de l’université, nous utilisons le PADEM. Il fallait que l’on raisonne sur quels sont les cours à récupérer pour ceux qui sont en 2ème, 3ème, en 1ère licence qu’ils doivent suivre pour commencer directement le système LMD. Pour moi, c’est aller vite en besogne’’

Mindele Phukuta, le Secrétaire général académique de l’Institut supérieur d’informatique et de programmation appliquée (ISIPA) Matadi

‘’C’est une décision complexe, très très complexe parce que la voie doit être balisée avant de l’appliquer. Je ne sais pas quelles sont les dispositions qui ont été prises par le ministre pour baliser la voie et implanter le système LMD dans le pays. Certainement que le gouvernement congolais mettra des moyens pour accompagner le ministère de l’ESU pour appliquer le système LMD dans le pays. Nous avons quelques institutions qui ont commencé ce système, ils ont des inquiétudes. Former un étudiant en 3 ans en lieu et place de 5 ans, cela ne sera pas facile. Il faut revoir les enseignements. C’est un travail de longue haleine. La qualité des élèves qui nous viennent du secondaire pose déjà des problèmes. Avec les 5 ans à l’université cela pose des problèmes. Qu’en sera-t-il avec les 3 ans ?’’

Mavungu Muanda Ditubanzambi, secrétaire académique ai de l’Université libre de Matadi (Ulimat)

 » Avant d’aller aux états généraux à Lubumbashi, nous avons reçu Son Excellence Monsieur le ministre ici même à Matadi. Il a réuni tous les responsables des établissements d’enseignement supérieur et universitaire. Nous étions parmi les intervenants qui avaient des préoccupations à lui soumettre par le biais des membres de son panel. Le ministre a eu à marteler sur l’application stricte du système LMD. C’est un système qui existe déjà dans d’autres cieux. Chez nous en RDC, la base légale qui l’institue, c’est la loi cadre n°14/004 du 11 février 2014 qui spécialement en son article 98 en fait mention. Ce système organise des structures qui prévoient 3 ans pour le 1er cycle, 2 ans pour le 2ème cycle et au moins 3 ans pour le 3eme cycle. A chacun de ces cycles correspond un diplôme équivalent. Ce système se fonde sur des piliers notamment des grades académiques lisibles et comparables, l’homogénéité des programmes, la semestrialisation de l’année académique, la mobilité des étudiants, des enseignants, des chercheurs, la compétitivité, l’employabilité des produits formés et la modernisation de la gestion académique. Seuls les établissements dont les programmes ont reçu les avis favorables des services compétents et sanctionnés par un arrêté ministériel sont appelés à organiser ce système. Envisager les réformes est une chose et le faire réussir en est une autre. Si vous ne réussissez pas une réforme en matière d’éducation, vous allez régresser de 10 ans ! J’avais suggéré un confinement académique d’au moins 3 ans sans école pour qu’il ait des états généraux pour que les savants réfléchissent sur ce que nous voulons être demain en matière de l’enseignement‘’

Dan Junior étudiant en 1er  graduat à l’Ulimat

‘’ Ce système n’est pas très mauvais. Dans d’autres pays comme la Tunisie, le système est en vogue. Mais, je ne vois pas trop l’importance de sacrifier 5 années pour juste  trois années puis le master et le doctorat. Le système avec lequel nous évoluons est déjà bon. Il faut que nous comprenions les bases avant de nous lancer dans ce qui est approfondi. Déjà que dans certaines écoles, la qualité de l’enseignement n’est pas bonne. C’est d’ailleurs pour cela qu’il y a le préparatoire (propédeutique ; Ndlr). Comme on commence directement avec des études approfondies, beaucoup auront des lacunes.

Jean-Pierre Adipatende, étudiant en 2ème licence de droit à l’Ulimat

Le système LMD est intéressant. Il a été institué depuis très longtemps. Chez nous au Congo, nous sommes en retard. Un moratoire mais jusque-là elles sont demeurées nombreuses dans l’ancienne forme alors qu’aujourd’hui dans le monde, ce système devient caduque dans certaines universités, nous nous sommes encore dans le système le plus empirique. Nous étudions pour des objectifs. L’université ce n’est pas un monde où nous allons passer une éternité et sortir avec rien dans la tête. Le système LMD permet de se spécialiser. Au Congo pour avoir un master, il faut au moins 7 ans alors que dans d’autres cieux quand vous faites 5 ans, vous avez un master. C’est question d’écarter les matières qui ne sont pas intéressantes par domaine pour apporter de la précision à ceux qui apprennent et d’en sortir avec une spécificité bien définie.

Crédit photo ISC Matadi

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