2 novembre, pourquoi pas une journée nationale en mémoire de l’assassinat de Franck Ngyke et son épouse?

2 novembre, pourquoi pas une  journée nationale en mémoire de l’assassinat de Franck Ngyke et son épouse?

Chaque 2 novembre, c’est la journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes. L’ONU l’a décrétée en mémoire de Ghislaine Dupont et Claude Verlon, journaliste de RFI, assassinés à Kidal, au nord du Mali en 2013 mais aussi en hommage à tous les journalistes tués dans l’exercice de leur métier. Pourtant, 8 ans auparavant, presque à la même date, la nuit du 2 novembre au 3 novembre, Franck Ngyke et son épouse Hélène Paka ont été assassinés à Kinshasa. Avocat, Me Godefroid propose qu’en RDC, cette journée porte la connotation de ce double assassinant.

Maitre Godefroid Kabongo est avocat au barreau de Kinshasa-Gombe, avocat de Journalistes en danger(JED). Le 2 novembre est une date qui l’a toujours interpellé. ‘’Si nous célébrons cette journée en mémoire du double assassinat de Kidal, ce qui est tout à fait normal sur le plan international moi, je pense sur le plan national, il faudrait aussi que cette journée puisse porter la connotation de Franck Ngyke et de son épouse Hélène. D’ailleurs, la famille de Franck Ngyke continue à réclamer l’ouverture du procès pour connaitre la vérité de ce qui s’est passé. Il faut que cette journée concerne aussi le vécu des journalistes congolais’’, soutient-il.

Immortaliser Franck Ngyke

Une enquête de JED estime que le journaliste Ngyke de La Référence Plus pouvait posséder des informations sensibles contre le gouvernement(à l’époque du régime de Joseph Kabila). Quatre hommes en civils l’ont abattu pendant qu’il descendait de son véhicule et ouvrait le portail de sa résidence, sa femme y compris. L’un de ses enfants avaient été fortement blessé. ‘’ C’est une très bonne proposition que l’Union nationale de la presse du Congo  n’avait pas. Franck Ngyke était un grand journaliste au même titre que Ghislaine Dupont. A la prochaine célébration de  la journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes, nous en tiendrons compte. ’’, promet Jean-Marie Kasamba, président de l’UNPC Kinshasa. Une idée qui réjouit aussi Tshivis Tshivuadi, secrétaire général de JED. Christian Nyamabu, directeur général de grandtitre.net lui, applaudit l’idée et va au-delà, en proposant le prix du journalisme Franck Ngyke. ‘’ Le journaliste congolais travaille comme un soldat au front. Seuls 10 à 15% des journalistes sont rémunérés au pays, les restent travaillent par passion. Pour les encourager, il faut initier ce prix ‘’, estime-t-il.

Autre chose, la famille n’a jamais été indemnisée. Godefroid Kabongo en a parlé à la ministre de la Formation professionnelle Antoinette Kipulu, représentante du ministre de la Communication ‘’pour que la République civilement responsable  donne l’exemple de la fin de l’impunité ‘’.

Lire aussi:Enquête de JED sur l’assassinat de Franck Ngyke : Reporters sans frontières demande une commission d’enquête indépendante

Liberté de la presse en danger

En RDC, les journalistes continuent d’être tués, attaqués…Les témoignages de Patient Ligodi de RFI et d’Elysée Odia de Top Congo en sont une illustration. C’est ainsi que JED qui a organisé l’activité a intitulé son rapport de 2021 : ‘’Mauvais  temps pour la presse en RDC’’. Cette ONG a répertorié ‘’au moins 110 cas d’attaques diverses contre les journalistes et les médias’’. ‘’La situation est en train de se dégrader ‘’, dénonce Tshivis Tshivuadi.

Prince Murhula, gestionnaire principal de JHR/ JDH-RDC recommande au gouvernement congolais » de protéger les journalistes congolais à travers la dépénalisation de délit de presse, de doter le pays d’une loi d’accès à l’information et de mettre fin à l’impunité des crimes que subissent les journalistes en RDC’ ‘.

Pour sa part, la ministre estime que ‘’ les responsabilités de ce désastre incombe à la fois aux médias e au gouvernement. La situation sociale des journalistes, la facilité avec laquelle l’on devient journaliste en RDC, le manque de professionnalisme et autres lacunes constatées dans la régulation des médias en RDC sont autant des maux qui rongent la profession. Pour notre part, nous sommes conscients de notre responsabilité et nous sommes sans ignorer que la presse est en proie à des profondes difficultés. Pour le gouvernement, la solution reste la tenue des états généraux de la communication et des médias’’.

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