Boma : repartir sur des nouvelles bases pour promouvoir l’équité genre en prélude des élections de 2023

Boma : repartir sur des nouvelles bases pour promouvoir l’équité genre en prélude des élections de 2023
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Les femmes constituent la majorité de la population mais elles demeurent minoritaires aux postes de prise de décision et dans la gestion de la chose publique. A l’approche des échéances électorales, le Réseau femme et développement (Refed) Boma, a réuni les leaders des partis politiques et quelques acteurs de la société civile pour échanger autour de cette problématique et proposer un plan stratégique en faveur de la promotion de l’équité du genre dans la ville de Boma.

Boma, deuxième ville du Kongo central n’a jamais élu une femme à la députation. Dans d’autres postes de commandant, elles ne sont que peu.
Pour le facilitateur Me Roger Matsuka,  » la représentation féminine dans la gouvernance passe par deux concepts, les élections et la nomination. Ces deux concepts sont tributaires au sein des partis politiques que je considère comme étant la clé de l’émergence pour certains postes ; Et les femmes et les filles leaders sont butées à ce problème de positionnement. Elles sont majoritaires dans la communauté mais au moment de vote, elles peinent à briguer des postes’’. Pourtant, les lois garantissent la participation égale des hommes et des femmes dans les institutions.
L’article 14 de la Constitution consacre la parité homme-femme, les articles 7 et 21 de la déclaration universelle des droits de l’homme, le protocole de la SADC sur le genre, la résolution 1325 etc. Tous ces textes légaux ont éclairé la lanterne des participants qui ont pris l’engagement de faire de la promotion du genre leur leitmotiv.

Des entraves

Elles ont, auparavant, décelé de nombreux faits qui font barrière à l’élection de la femme de Boma et sa participation à la vie politique. Florentine Thamba, chef du bureau urbain genre Boma, pense  » qu’il faut bannir la discrimination et éveiller la conscience de la femme. ‘’ Il y va de l’éveil de conscience de la femme mais la discrimination au sein des partis politiques persiste. Voyez quels postes occupent toutes ces femmes qui adhèrent aux partis », se demande-t-elle. Elle paraphrase leur facilitateur:’ ‘Pour une campagne électorale on donne 10 000 $ à un homme pour battre campagne et à une femme on donne 5 000$.’ ‘Comment est-ce que cette femme va faire face aux électeurs avec la mentalité selon laquelle les élections sont synonymes aujourd’hui de distribuer de l’argent et des biens à la population ?’ ‘, s’ interroge-t-elle.

Pistes de solutions

Pour Armand Makelele, coordonnateur urbain du parti Ecide, ‘’’nous voyons des femmes intelligentes membres de nos partis mais dans le debat, certaines ont du mal à s’imposer pour faire asseoir leur leadership au milieu des hommes ». 2ème vice-présidente de la société civile Boma, Angèle Abou pense que’  » certaines dispositions de la loi électorale méritent d’être révisées ». Ruth Kumba, elle estime que’ ‘les partis politiques ne devraient pas se limiter à recruter, ils doivent aussi former les femmes ». Un avis que partage Sarah. Mireille Khiedi du parti Forces Politiques Nouvelles(FPN) propose que  » la sensibilisation et la conscientisation des femmes sur les questions politiques soient intensifiées ».

Cette matinée provinciale d’échanges a été organisée dans le cadre de la mise en œuvre du projet de formation de la société civile pour la promotion des droits civiques et politiques des femmes et des jeunes filles leaders. Le plan stratégique qui a sanctionné ces échanges servira de leçon support de plaidoyer en faveur de la promotion de l’équité genre dans la province du Kongo central, particulièrement à Boma.

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