Mbanza-Ngungu :à Kanga Londe, 60 familles sans abris, victimes d’un conflit de terre

Mbanza-Ngungu :à Kanga Londe, 60 familles sans abris, victimes d’un conflit de terre
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Des habitants qui se réclament propriétaires de terre ont été deguerpis de  » leur village ». Cela se passe à Kanga Londe, à Mbanza-Ngungu, au Kongo central. La justice a tranché en faveur de celui qu’ils taxent pourtant de  »commissionnaire  ».

En cette saison des pluies, Joséphine Ngeya dort depuis 45 jours à la belle étoile sous un manguier à Kanga Londe. Allongée sur une natte, elle peine à s’exprimer.  » J’étais grosse et j’avais des maux de ventre. A cause du traumatisme des policiers, j’ai accouché prématurément et l’enfant est mort », explique-t-elle triste en présence de son mari. Comme elle, 60 familles dorment à ciel ouvert. Elles se plaignent d’avoir perdu de l’argent et des biens. Leurs maisons sont désormais cadenassées par la police qui a exécuté aux petites heures du matin du 28 septembre 2021 une décision du tribunal de paix de Mbanza-Ngungu.La justice reconnaît que les titres de propriété appartiennent à Michel Mayala.  » C’est un commissionnaire de feu notre oncle, il n’est pas de notre famille mais nous demande de quitter ses terres  », ne comprend pas Madeleine Nsayi. Elle reconnaît cependant qu’ils étaient en conflit de terre avec leur oncle Nkani et qu’il avait gagné le procès.  » En famille, les conflits existent toujours  », relativise-t-elle.  » Michel Mayala nous cause des problèmes pendant qu’il n’a pas le droit de vendre nos terres. Par ses relations, il a falsifié les documents de notre village en complicité avec certaines autorités pour vendre notre terre. La justice ne dit pas le droit. Comment quelqu’un qui n’est pas de notre famille doit s’accaparer nos terres », fulmine Donking Ndongala qui se dit descendant direct de la famille.
Riverain à la route nationale n° 1 Matadi-Kinshasa, Kanga Londe se prête bien pour la vente des parcelles, à Mbanza-Ngungu, une cité en plein essor.

Une situation qui fait grand bruit

Ce déguerpissement fait couler beaucoup d’encre et de salive. Pierre Nsumbu, député national, élu de Mbanza-Ngungu est allé se rendre compte des conditions de vie de ces déguerpis.  » La décision de la justice est injuste parce que la loi est faite pour contribuer au bonheur et au bien-être de la population. Une loi qui produit des effets négatifs et expose les habitants à la mort et autres calamités ne peut être soutenue  », regrette-il avant de prendre langue avec les autorités judiciaires du tribunal de paix de Mbanza-Ngungu. Désolation que partage Alain Mikia, avocat, membre de la nouvelle société civile.
Nos efforts à nous entretenir avec Michel Mayala ou un de ses proches se sont révélés vains. Mayala est non joignable et introuvable.

Au Kongo central, les conflits fonciers viennent en première position dans les tribunaux de paix. Ils divisent des familles et causent souvent des morts.

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