Agents de la migration en RDC: travailleurs d’exception mais défavorisés

Agents de la migration en RDC: travailleurs d’exception mais défavorisés
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En RDC, les agents de la Direction générale des migrations(DGM) font partie des services de sécurité raffinés. Ils accomplissent leur service généralement à la satisfaction des usagers. Malheureusement, ils sont mal lotis.

Assis dans leurs boxes, des agents de la migration proprement vêtus reçoivent des voyageurs qui viennent de débarquer de Turkish airlines. Il est 22h, ce mercredi de décembre. Tout va vite. Là où il y a un petit problème, un des responsables vient pour décanter la situation. Leur politesse, leur calme et leur habileté ne diffèrent en rien de leurs collègues qui nous ont accueillis en Turquie voire en Espagne. ‘’ C’est un service qui fait honneur au pays ‘’, lâche content un Congolais qui revient de Dubaï. Mais lorsque l’on arrive au tapis roulant à bagages, on est face à un autre service, on se fait une autre image. Les caddies en nombre insuffisants sont certains pris en otage par des jeunes. Ils vous proposent de transporter vos bagages en échange d’argent.

Ces agents en bleu-noir, non tracassiers, ils sont aussi à la division de la chancellerie. Des expatriés qui viennent régulariser leur séjour, des Congolais qui doivent voyager avec leurs enfants…en sortent satisfaits. ‘’ En tout cas, on ne m’a jamais demandé de l’argent et jamais compliqué pour obtenir l’autorisation parentale pour le voyage de mes enfants ‘’, se réjouit Pamphile. Dans plusieurs frontières, les agents de ce service jouissent d’une bonne réputation.

Pauvres cadres et agents

Malheureusement, malgré les efforts que la DGM fournit pour se démarquer, les agents dont la plupart sont des personnes instruites se plaignent d’être défavorisés. Leur salaire qui sous Laurent Désiré Kabila en 1997 revenait à 400$ a dégringolé jusqu’à 100$. ‘’ Chaque semaine, des agents meurent ‘’, regrette Archange, un officier de migration(le nom a été changé).

Au Kongo central, la directrice générale, une femme qui se démarque, met un point d’honneur au suivi des cadres et agents malades. Ce qui réduit fortement le taux de décès. Pour l’année 2021, 14 agents sont décédés soit un agent tous les mois. ‘’ Ils meurent à cause des conditions de vie mauvaises. Beaucoup vont faire des travaux parfois vils pour joindre les deux bouts ‘’, se plaint un autre agent.

Bien qu’il ne manque pas de brebis galeuses, la DGM demeure un service policé et efficace. Mais quand va-t-elle sortir la tête de l’eau ?

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