A Boma, le braille unit voyants, non-voyants et malvoyants

A Boma, le braille unit voyants, non-voyants et malvoyants

Une journée d’apprentissage du braille entre les voyants, non-voyants et malvoyants à Boma, au Kongo central samedi 15 janvier . L’Union nationale des aveugles du Congo (UNAC) poursuit l’intégration des handicapés visuels dans la société.

Voyant, Mansiamina est agent aux Lignes maritimes congolaises. A l’aide d’une tablette et d’un papier, il écrit son nom en braille.  » C’est intéressant. Je ne comprenais pas au début mais avec les exercices, j’ai compris », se réjouit-il.
Mansiamina rentre chez lui avec sa feuille en bristol comprenant son écriture en braille .. D’autres voyants partent aussi contents.  » C’ est un moment propice pour les non-voyants et malvoyants, leurs guides ainsi que d’autres personnes d’apprendre le braille comme nous le faisons à l’école en faveur des handicapés visuels’’, explique Me Amina Diabanza, coordonnateur provincial UNAC Kongo Central.

Bonne socialisation

En effet, au cours de l’ atelier, les voyants se sont mixés avec les aveugles, une quarantaine . Ils ont travaillé ensemble, ri, mangé ensemble etc.
 » Connaître le braille est aussi capital pour les enseignants voire ceux qui travaillent dans les autres domaines. Si chacun maîtrise le braille, cela va faciliter l’intégration des non-voyants et malvoyants dans tous les domaines de la vie’, estime Barnabé Mavungu. Né voyant, cet enseignant est devenu malvoyant au fil du temps. Heureusement, qu’il avait déjà appris le braille .C’est ainsi qu’il brûle d’envie que les enseignants apprennent cette écriture.
Le braille est un système d’écriture tactile dans lequel chaque lettre, chaque chiffre et même chaque symbole musical, mathématique et scientifique est représenté au moyen d’une combinaison de six points. Il donne aux personnes aveugles et malvoyantes un accès aux mêmes livres et revues que ceux destinés à une lecture visuelle.
Parmi les recommandations des participants,  » que l’Etat congolais prenne cette fois-ci nos préoccupation au sérieux car jusqu’ici, toutes les initiatives, nous les avons réalisées sans l’aide extérieur, que les autorités puissent avoir une graine de volonté pour améliorer les conditions d’accès des enfants et jeunes malvoyants à l’éducation, que le gouvernement puisse nous construire ne fut-ce que six salles de classe car les locaux que l’IAB utilise date depuis 40 ans et sont aujourd’hui envahis par des marchés avec tout ce que cela engendre comme distraction ».

Combattre les inégalités par le braille

Le braille est essentiel en termes d’accès à l’éducation, de liberté d’expression et d’opinion ainsi que d’inclusion sociale, comme le reflète l’article 2 de la convention relative aux droits des personnes handicapées.  » Si dans une entreprise les travailleurs et même les employeurs connaissent cette écriture vous allez voir que les inégalités ou les discriminations en matière d’embauche pour les handicapés visuels vont diminuer sensiblement parce que le langage est compris par tous et la communication sera facile. En famille comme en milieu professionnel nous avons intérêt à valoriser et promouvoir le braille Dans une société, lorsqu’on a des connaissances en écriture braille, c’est la voie qui s’ouvre pour les malvoyants d’intégrer la vie professionnelle. On peut observer cette socialisation’’, soutient César Khabi, un voyant, membre de l’UNAC.

La journée a été organisée en marge de la journée mondiale du braille célébrée le 4 janvier de chaque année pour souligner l’importance du braille dans la pleine réalisation des droits fondamentaux des personnes aveugles et malvoyants.

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