RDC : port en eaux profondes de Banana, quelles données techniques et avantages ?

RDC : port en eaux profondes de Banana, quelles données techniques et avantages ?

Le président de la RDC Félix Tshisekedi lance les travaux de construction du premier port en eaux profondes lundi 31 janvier dans la cité côtière de Muanda, au Kongo central, fenêtre ouverte du pays à l’étranger par l’océan atlantique. Mais quelles sont les caractéristiques de ce futur port et quels dividendes pour le pays ?

Ça y est ! Le go est donné pour le futur port en eaux profondes de Banana. Cet endroit appelé à recevoir des grands navires comportera pour sa première phase une plateforme de stockage   de 600 m, une plateforme de 25 ha pour le stockage de grands porte-conteneurs soit une capacité annuelle de 322 000 porte-conteneurs  d’une capacité de 3 millions de conteneurs par jour.  »Le coût de ce projet structurant est estimé à 1 milliard 200 000 dollars et la première phase qui va jusqu’en 2025 est évalué à 350 millions de dollars », révèle Adèle Kayinda, ministre du Portefeuille.  Cependant, à la fin, le port en eaux profondes de Banana sera en mesure d’accueillir des navires d’une capacité de 18 000 équivalents vingt pieds(EVP). ‘’ Je suis convaincu que cet important et ambitieux projet contribuera au désenclavement de la RDC pour en faire un hub important de développement économique du continent ‘’, croit dur comme fer Chérubin Okende, ministre des Transports, voies de communication et désenclavement.

Développer l’économie

A présent, Muanda, c’est un port rudimentaire avec un seul quai de 75 m de long qui n’accueille que des bateaux de moins de 5 m de tirant d’eau. Depuis plus de quatre décennies, la RDC envisage de construire un port en eaux profondes à Banana. Les gros navires qui proviennent de l’étranger accostent à Pointe-Noire au Congo-Brazzaville. D’autres petits navires récupèrent la cargaison pour les acheminer dans les ports de Banana, Boma et Matadi. ‘’ Le nouveau port en eaux profondes va renforcer la position de la RDC. En tant que leader dans le domaine des solutions logistiques, Dubaï port word(DPW) va permettre(à la RDC, Ndlr) de développer le commerce à travers le monde…Il va créer directement et indirectement des emplois… ‘’, soutient le représentant de cette société du gouvernement de Dubaï, premier fournisseur mondial de logistique intelligente. Plusieurs sources parlent de plus de 10 000 emplois. Autres avantages évoqués : la modernisation du tronçon routier-Muanda-Matadi, la maintenance de la nationale n° 1 Matadi-Kinshasa, le rétablissement de l’autorité portuaire de la RDC en matière de police et de sécurité, l’amélioration ,simplification et accélération des procédures grâce au guichet unique, le renforcement du secteur logistique de la RDC, l’épanouissement des PME et leur développement , l’électrification de la cité côtière, le développement du tourisme… ’’ La ville côtière de Muanda devient une terre de prodige, une terre promise ‘’, se réjouit Justin Luemba, gouverneur ai.

‘’Cette fois sera-t-elle la bonne ?’’

Beaucoup d’originaires du Kongo central ont fait le déplacement de Muanda. Certains étaient sortis dans la rue en juillet 2019 à Matadi pour exiger la construction de ce port avant la construction du pont route-rail Matadi-Kinshasa. ‘’ Réveillons-nous  car notre avenir est en jeu. Si on jette ce pont avant le port en eaux profondes de Banana, Matadi deviendra un cimetière, Boma va reculer, les navires vont accoster à Pointe-Noire et notre fret sera géré à partir de là et de Kinshasa ‘’, conscientisait Albert-Fabrice Puela, alors député national. Près de 31 mois après, le lancement des travaux de cet ouvrage portuaire est effectif. ‘’ C’est un grand projet que le président Félix Tshisekedi est en train de réaliser pour toute la RDC. Nous serons souverains. Les jeunes proviendront de partout pour travailler ‘’, exulte Deo Nkusu, député national.

Mais, ce n’est pas la première fois que la RDC signe avec DPW, cette entreprise présente dans 103 pays avec plus de 50 000 travailleurs, 3ème opérateur portuaire dans le monde. Sous Joseph Kabila, cela avait été fait en 2018. Malheureusement, rien n’a été concrétisé. Cette fois sera-t-elle la bonne ?

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Photo: capture d’écran chaîne nationale

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