Judith Ngalula et Pi-Ronsard Bonyeme, présidents du Tripaix et TGI de Matadi désavoués par les avocats du Kongo central

Judith Ngalula et Pi-Ronsard Bonyeme, présidents du Tripaix et TGI de Matadi désavoués par les avocats du Kongo central



Ras-le-bol ! Le sentiment qui draine plusieurs avocats du Kongo central dans la rue lundi 28 février. Objectif : demander au Président du Conseil Supérieur de la Magistrature via le  Premier Président de la Cour d’appel le retrait de la juge Judith Ngalula, présidente du Tribunal de Paix  de Matadi et de son collègue Pi-Ronsard Bonyeme, lui, président du Tribunal de Grande Instance de la même ville, de ces juridictions qu’ils accusent de plusieurs abus.

Par Chadrack Kayi


Toges noires en danger ne portent pas des gangs pour parler de Judith Ngalula et  Pi-Ronsard Bonyeme qu’ils accusent  ‘’de comportement indigne et d’immature ‘’. Cette ONG qui réunit avocats et défenseurs judiciaires s’accordent avec d’autres avocats. Soutenus par le barreau, ils saisissent le Premier président de la Cour d’appel en sa qualité de représentant de la chambre provinciale de discipline du Conseil supérieur de la magistrature du Kongo central. ‘’Plusieurs fois en conflit avec des conseils des parties, sans considérations aucune, la juge Judith Ngalula se permet  de renvoyer des causes sans raison valable, même en matière pénale, sous prétexte qu’elle serait fatiguée’’, charge Me Saint-Philippe Kabeya de Toges noires en danger qui prêtent la voix à la soixantaine d’avocats révulsés.

Il revient à la charge: ‘’A la veille des fêtes de fin d’année, elle oblige les parties, sans juste motif , à renvoyer les affaires en bloc après les fêtes à des espaces de plus d’un mois, en alléguant  qu’elle doit se reposer et qu’elle n’est pas disposée à instruire pendant la période des fêtes, même les affaires pénales prêtes à recevoir plaidoirie.’’ Les griefs qui sont retenus à sa charge sont légion. Ils se résument en un manque de compétence et  de respect. ‘‘ Judith dégage ! était devenu un refrain.


Le juge Bonyeme pas d’accord
Par contre Bonyeme, est accusé d’abord de régner en maitre absolu au TGI . Ce qui pour les avocats a des conséquences : Au niveau de tous les greffes, les avocats ne sont plus libres de faire diligenter des procédures auprès des greffiers comme il se doit  car c’est le président qui détermine tout en terme des droits et  des frais ; depuis son avènement, aucune cause n’a jamais connu de prononcé dans le délai légal, censure maintes fois les plaidoiries des avocats, dénigre leur travail au mépris du devoir de la science …’’ La seule chose qui est gratuite chez lui, c’est la salutation. Tout acte procédural émane de l’argent ‘’, ironise Me Fréderic Mantuba.
Fort de cela, les Toges noires et autres avocats les déclarent : indignes et indésirables. ‘’Nous vous prions de bien vouloir mettre hors d’état de nuire, en retirant de la tête de leurs juridictions, les magistrats Judith Ngalula et Pi-Ronsard Bonyeme ‘’, concluent-ils. L’intérimaire du Premier Président de la Cour d’appel promet ‘’remettre à qui de droit leur mémorandum ’’. 
Ce même mémo a été remis au Procureur Général du Parquet Général et au Gouverneur par le truchement de son directeur de cabinet. ‘’Nous allons en faire part à l’autorité de manière qu’il sache quelle attitude prendre au regard de votre mémorandum ‘’, promet Dieudonné Mvuezolo. Le président Bonyeme rejette en bloc toutes ses accusations. Il estime notamment qu’il a le droit de recadrer les débats.

Des manifestants brutalisés
L’action des Toges noires en danger, c’est aussi une vive tension avec des policiers qui tenaient à les empêcher de manifester arguant que la marche n’était pas autorisée.   »Boye té ! Boye té ! Toko tonga Etat de droit boye té  », huaient  des passants  en lingala, une des quatre langues nationales congolaises (L’état de droit, nous ne le bâtirons pas de la sorte, Ndlr).  « C’est du non droit, on arrive plus à comprendre. Voilà les avocats ont connu des sévices. Moi également brutalisé, ma toge est déchirée, on m’a même arraché des boutons. J’ai été brutalisé par des policiers pour me retourner à la cour mais pourtant ils nous ont tous déguerpis de la cour, dénonce Me Georges Bikembo, secrétaire exécutif de Toges noires. C’est de la violation grave du droit parce que toucher à un avocat, c’est toucher à la justice. Nous sommes le symbole de la justice, on ne peut pas parler de la justice sans défenseur. C’est comme une  équipe sans défense donc c’est grave. » Les avocats promettent de porter plainte.

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