A Boma, des dérapages des élèves sur les réseaux sociaux transposés dans des écoles

A Boma, des dérapages des élèves sur les réseaux sociaux transposés dans des écoles

Whattsapp et facebook, deux applications de médias sociaux devenues des canaux pour des élèves de certaines écoles de Boma, au Kongo central de diffusion de contenus violents, dégradants, discourtois et racistes. Ils engendrent des conflits qui quittent le monde virtuel pour le réel. On y compte déjà une blessée.

Le ras-le-bol de Patience(le prénom a été changé), 13 ans, élève de l’école ‘’Makaya Lezi ‘’ est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Touchée dans son for intérieur par un message sur whattsapp dans leur groupe  »IT Boma ye »(Boma ye, tue-le! Ndlr), elle rentre en famille en émoi. Son frère en informe leur papa qui châtie sa fille après avoir fait des découvertes ahurissantes dans ces deux réseaux sociaux. La nouvelle de sa correction qu’elle va rapporter à ses condisciples les chauffe à blanc. Ils vont en représailles contre les élèves de ‘’La Cadette ‘’. Trois des manifestants sont appréhendés, à en croire le préfet de cette école.

Une victime

Dans les réseaux sociaux sont aussi actifs des élèves des écoles  »La Confiance »,  »Les Agneaux »,  »Les Elus de Dieu »…Les grossièretés qui y sont diffusées dépassent tout entendement. Les écoliers qui s’y adonnent sont essentiellement ceux de la 8ème (entre13 ans et 14 ans). Le choc entre La Cadette et La Confiance ; le week-end dernier a fait une blessée. ‘’C’est un problème très délicat parce que nous avons besoin de la paix dans nos maisons, dans nos écoles et  dans tout Boma ‘’, s’inquiète Martine Bueya, la cheffe de la sous division urbaine qui a convoqué les préfets et présidents des comités des parents pour des mesures drastiques.

Facebook et whattsapp sont deux réseaux sociaux devenus tellement en vogue que plusieurs personnes les utilisent pour communiquer et échanger des contenus.  Si le premier autorise les mineurs de 13 ans d’en user, le second va à 16 ans. Les experts Comme Jacques Henno listent les dangers qu’ils représentent à la prédation sexuelle, au harcèlement de la part d’autres enfants, au vol d’identité numérique et à la dépendance.

 Téléphone interdit

En novembre 2021, l’Association des femmes juristes congolaises(Afejuco) a poursuivi sa sensibilisation dans les écoles de Matadi et de Kimpese sous le thème : ‘’ Jeunesse responsable, pilier de la société de demain  ‘’. ‘’Éviter de vous faire tromper par des copains sur les réseaux sociaux et qui parfois vous demandent des photos intimes ‘’, conseillait Me Mimi Mvuemba.

Lire aussi:Kongo central :pour la réussite de leur avenir, l’Afejuco prépare le présent des élèves adolescents de Kimpese et Matadi

Avec l’ampleur que prennent l’usage des réseaux sociaux par les élèves de Boma, la sous-proved menace: ‘’Nous interdisons l’usage des téléphones pour dénigrer et  disqualifier les amis. Vous tous qui faites partie de ces réseaux sociaux, nous vous recommandons de baisser les mains. Ne continuez pas.  Nous sommes à la recherche de la personne qui commande ces réseaux. Une fois arrêtée, ces auteurs seront sanctionnés sévèrement.’’  

Les parents responsabilisés

Mais il faut que les parents jouent aussi leur rôle. ‘’Toute éducation commence à la maison, rappelle l’inspecteur chef de pool du secondaire Cyrille Nzita. Ce sont les parents qui doivent veiller à l’éducation de base de l’enfant. On ne peut pas comprendre qu’un enfant manipule le téléphone dans des heures incontrôlées par ses parents.’’ 

Eddy Longo, Président du comité des parents de  »La Confiance » a obtenu de Martine Bueya, la diffusion dans les médias locaux un communiqué enjoignant les comités des parents des écoles de Boma de convoquer une assemblée générale extraordinaire, aux préfets de veiller davantage sur la discipline à l’école, de sanctionner les récalcitrants conformément aux règlements de l‘école et  d’interdire à tout élève le port de téléphone à l’école.

Dans l’entretemps, entre La Cadette et Makaya Lezi, les préfets s’harmonisent déjà pour faire la paix de braves entre les élèves. 

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