Néhémie Nkusu :’’les gens sont contents de voir que la justice transitionnelle est en train de démarrer dans notre pays »

Néhémie Nkusu :’’les gens sont contents de voir que la justice transitionnelle est en train de démarrer dans notre pays »

Enquêteur à Matadi dans le cadre des consultations nationales, prélude à la justice transitionnelle pour panser les plaies des atrocités des forces de l’ordre sur les adeptes de Bundu dia kongo(BDK), Néhémie Nkusu affirme que les habitants accueillent favorablement la décision de l’Etat congolais.

De retour de Minkondo, au siège de Bundu Mayala, ex-BDK, à Matadi, sa juridiction d’enquête, après trois jours de formation appuyée par le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme(BCNUDH) Néhémie Nkusu répond aux questions de www.infobascongo.net. Il parle de l’importance de ces consultations mais aussi des attentes des habitants.

Infobascongo (IBC) : C’est parti pour les consultations nationales en vue de la justice transitionnelle. Comment d’abord vous-même, vous vous sentez ?

Néhémie Nkusu (NN) : Par rapport aux consultations nationales en vue de la justice transitionnelle, moi-même, je suis très content, je me sens très satisfait parce que nous y avons travaillé depuis la genèse quand l’équipe de Kinshasa est venue. Nous avons essayé de réunir certains acteurs de la société civile et puis différentes composantes pour un prélude. Maintenant que les choses se sont concrétisées, en tout cas, je suis plus que satisfait parce que ce processus de la justice transitionnelle va élever le pays à un rang très haut.

IBC : Vous êtes déjà sur le terrain en face de certaines victimes. Est-ce que cela ne ravive pas la plaie ? Comment réagissent-elles ?

NN : Effectivement, nous avons rencontré cela sur terrain, notamment cet après-midi(le 9 juillet 2022, Ndlr), pendant que j’étais en train d’interviewer certaines victimes à enquêter. Il y en a qui sont contentes de relater les faits tels qu’ils se sont passés mais il y en a d’autres qui disent mais vous venez encore de raviver la plaie. Et hier, d’ailleurs, nous avons vu devant nous, une femme qui était en train de sangloter, de pleurer quand elle a encore pensé à ces événements sur comment elle a perdu son enfant, etc. Mais du moins, c’est important parce que, pendant que ces atrocités étaient en train de se produire, les gens ne pouvaient pas réagir, ne pouvaient pas s’exprimer. Maintenant, on leur accorde quand même le temps, le moyen de s’exprimer, ils trouvent que vraiment l’État est en train de penser à eux, on les a pris en compte, c’est déjà une bonne chose.

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IBC : Il n’y a pas que des victimes mais aussi des auteurs d’atrocités. Reconnaissent-ils leur tort ?

NN : Les acteurs des atrocités, c’est difficile de les rencontrer parce que dans cette affaire c’est plus, la population notamment nos amis, nos frères de Bundu Dia Kongo qui ont été plus des victimes. C’est vrai qu’il y a aussi d’autres qui ne sont pas de BDK qui ont été victimes par les faits qu’ils vivaient dans le même quartier où se sont passés les atrocités. Ils ont été assimilés à nos frères de BDK. Tout ça, ce sont des choses un peu difficile. Du côté des auteurs des atrocités, les victimes citent plus l’État. Est-ce que ces gens là qui ont commis ces actes, on peut encore les retrouver ? Est-ce qu’ils sont encore là ? Mais comme il y a la continuité de l’État et que ces agents ont agi au nom de l’État congolais, donc, c’est l’État qui doit maintenant accepter de demander pardon à la population, aux victimes parce qu’en tout cas, ils le disent tout haut. Ils insistent :’’ Nous nous voulons que l’État congolais nous demande pardon parce que nous avons été victimes de toutes ses atrocités. »

IBC : Était-il temps de penser à la justice transitionnelle en RDC ?

NN : Oui, il était le temps parce que comme son excellence monsieur, le président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, est en train de prôner l’état de droit depuis son accession au pouvoir, nous trouvons que c’est le moment. Les gens sont contents de voir que la justice transitionnelle est en train de démarrer dans notre pays ».

IBC : Une descente sur le terrain après trois jours de formation des enquêteurs, cela valait-il la peine ?

NN : Oui, cela valait la peine parce que nous avons été formés, on a fait la pratique, l’assimilation et maintenant,  immédiatement on descend sur terrain parce qu’on vient appliquer tout ce qu’on a appris pour que les résultats puissent être remontés jusqu’au niveau national.

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IBC : A l’allure où évolue les choses, pensez-vous à un aboutissement heureux de ce processus ?

NN: « Cette pensée du Président de la République qui est en train d’être mise en œuvre par le ministre Puela qui est fils du terroir, c’est une bonne idée que nous saluons et tout le monde est content. Et d’ailleurs, il y a deux ou trois victimes de BDK qui nous ont soufflé à l’oreille, ils disent, en tout cas, si cela se concrétise et que l’État nous demande pardon et qu’on nous indemnise, nous dédommage, en tout cas, sachez que le ministre Puela, c’est vraiment quelqu’un qui aura toujours nos voix parce que nous trouvons que c’est quelqu’un du moins qui est un porte-parole qui est allé porter nos voix au niveau national parce que depuis ce temps-là, nous avons été blessés, nous avons été agressés, personne n’a pensé à nous. Ils ont même dit que Nkanka (Ne Muanda Nsemi, leur leader,Ndlr) a parlé au parlement pendant qu’il était parlementaire mais jusque là, ces histoires sont restées lettre morte.

Il y en a qui sont septique, qui sont pessimiste, ils se disent est-ce réellement ça va se concrétiser ? Mais comme c’est la continuité de l’État, espérons que ça va se concrétiser. Donc, nous saluons cette initiative du chef de l’État mis en œuvre par le ministre Puela que nous saluons en passant parce que vraiment il a de la bravoure et il est tenace jusqu’au bout. Et aussi, l’appui du Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme, c’est un appui à saluer parce que c’est un partenaire de taille pour le pays et pour le ministère de droits humains. Donc, c’est un appui vraiment qui est le bienvenu et nous sommes très contents, nous le remercions vivement

Pourvu que Dieu nous prête vie tous. Mais telles que les choses se passent, nous nous sommes plus qu’optimiste, nous sommes vraiment optimiste. Nous trouvons que cette initiative ira au bout.

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