Vivre en RDC, cultiver en Angola : le calvaire des femmes rurales de Soyo village, à Matadi

Vivre en RDC, cultiver en Angola : le calvaire des femmes rurales de Soyo village, à Matadi

A l’occasion de la journée mondiale de la femme rurale, célébrée chaque 15 octobre, le Réseau national des associations des femmes rurales( Renafer) en collaboration avec le Cadre permanent pour la concertation de la femme congolaise(Cafco) fait fière chandelle à la femme rurale de Soyo village, à Matadi. Cette femme dépourvue des terres vendues par les chefs coutumiers se

A Soyo, village d’environ 2 000 âmes, perché à quelques 524 mètres d’altitude sur le plateau du Mont Soyo à Matadi, frontalier à l’Angola, une centaine de paysannes célèbrent la journée mondiale de la femme rurale. Le thème : Femmes et filles rurales cultivent une bonne nourriture saine et résiliente pour élimer la faim, assurer la sécurité alimentaire et améliorer la nutrition. Mais comment y parvenir ? Les terres arables de ce village périurbain se vendent par des ayants-droits fonciers sans penser au lendemain. Elles laissent place à des quartiers citadins.  »Toutes les terres sont vendues par les ayant droits coutumiers, nous sommes obligées d’aller cultiver de l’autre coté de la frontière en territoire angolais », regrette Apendeki Ngadi. Et, en terre étrangère les choses ne sont pas non plus faciles.  »Chacune de nous doit débourser quotidiennement 1000 FC (0,5$) comme droit de la traversée. A cela, il faut ajouter les frais de location des terres qui varient entre 30 et 100 dollars américains selon l’étendue à cultiver  », ajoute t-elle.

Reguler la vente des terres

Le problème d’accès aux terres cultivables se pose avec acuité non seulement à Soyo mais dans tout le Kongo Central.  »Le fait de considérer que la terre appartienne aux premiers occupants rend ces derniers puissants. Ils en profitent pour vendre n’importe comment. Dans quelques années, ils se prendront pour des victimes alors que c’est eux les bourreaux. L’Etat doit réguler la vente des terres  », estime Norbert Mafuta, conseiller des exploitants agricoles du Kongo Central.

Le problème outrepasse la compétence du Renafer et Cafco.  Ils ne se limitent qu’à faire des plaidoyers auprès des autorités ayant la gestion de la res publica.  »Dommage qu’aucun membre du gouvernement provincial ne s’est présenté malgré les invitations lancées sinon ils auraient écouté de leur propre oreille, les vrais problèmes qui plombent la femme rurale vivant à quelques mètres des institutions provinciales  ». Regrette Mamie Mahungu, présidente du Renafer.

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