Matadi : moins de décès maternel dans la zone de santé de Nzanza

Matadi : moins de décès maternel dans la zone de santé de Nzanza

Une stratégie qui porte des fruits : l’implication des relais communautaires et des leaders d’opinion dans la sensibilisation des habitants de la zone de santé populeuse de Nzanza, à Matadi sur les consultations prénatale et postnatale des femmes enceintes. Du coup, la mortalité maternelle est en net recul. Mais beaucoup reste encore à faire.

De janvier 2022 à octobre, la zone de santé de Nzanza n’a enregistré que trois cas de mortalité maternelle contre plus d’une dizaine pour la même période en 2021. ‘’Les relais communautaires vont régulièrement sur le terrain pour expliquer aux femmes et aux hommes l’importance des consultations prénatales et postnatales pour garantir la vie de la femme enceinte avant, pendant et après l’accouchement, consultations sans lesquelles la femme va évoluer comme un avion qui survole sans avoir une boussole et c’est très dangereux ‘’, explique Dr. Ferdinand Ango, médecin chef de zone de santé de Nzanza.

Selon Dr. Anne-Dédé Kinkela, médecin à l’hôpital provincial de référence de Kinkanda, à Matadi, ‘’le décès maternel, c’est le décès d’une femme au cours de la grossesse ou dans un délai de 42 jours après sa terminaison par suite d’une maladie ou d’une complication  et non des suites d’un accident quelconque‘’.  

Améliorer la santé maternelle

La division provinciale de la santé du Kongo central relève que, ‘’ces cinq dernières années, la moyenne est 175 cas de décès maternel notifiés dans les structures des soins de la province‘’. Pourtant, le monde soutient la norme d’au moins 70 décès maternel pour 100 000 naissances.  ‘’Nous sommes au-delà de ce qui est prévu ‘’, regrette Dr. Anné-Dédé Kinkela. Consciente de ce fléau pour lequel le Kongo central occupe la 3ème place en RDC, l’Association des femmes médecin œuvrant au Congo, section du Kongo central a, en 2020 fait un plaidoyer auprès de l’assemblée provinciale pour la prise d’un édit pour lutter contre les décès maternel. Le dossier traîne encore.

Les causes sont multiples : hémorragie, éclampsie, rupture utérine, infections, avortements, dystocie…Dans la zone de santé de Nzanza, les trois décès maternel enregistrés sont causés par  la rupture utérine et les deux derniers par l’hémorragie. ‘’Il faut améliorer la santé maternelle : la planification familiale, la consultation prénatale et postnatale, cite Dr. Ango. La femme sera suivie depuis le début de sa grossesse, au moment de l’accouchement et 42 jours après son accouchement. Quand tout ceci est fait, ça nous permet de garantir sa vie. ‘’

Lutter contre les pesanteurs

C’est fort de cela que dans sa zone de santé, il a fait appel aux relais communautaires et leaders d’opinion. ‘’Nous allons vers les habitants pour leur dire que la femme ne doit pas mourir en donnant la vie et qu’elle doit respecter la consultation prénatale ‘’, résume André Landu. Leur message porte sur l’importance de la CPN. Elles sont nombreuses à se rendre à la consultation prénatale. A la rencontre des sages-femmes. Leance Meya est l’une d’elle. ‘’Dans nos causeries éducatives nous prodiguons des conseils à ces femmes enceintes sur l’hygiène, sur comment la femme peut protéger sa grosse et se protéger elle-même. Nous leur montrons également les signes de dangers. Donc, il faut bien suivre la CPN pour éviter toutes les manœuvres. En cas de maladie, on la consulte, après on peut aller directement l’accompagner jusqu’au médecin ‘’, explique-t-elle. Les sages-femmes leur remettent un plan d’accouchement. Murielle est parmi celles qui ne manquent pas à la CPN pour dit-elle ‘’se prémunir’’. Comme elle, Olivine Muaka embouche la même trompette.

Malgré les efforts de la zone de santé, des pesanteurs dérangent leur travail. ‘’Des hommes de Dieu ‘’ en font partie. « Toutes ces femmes là qui sont désorientées par nos pasteurs, beaucoup sont victimes du décès maternel « , dénonce Dr Ango.

Malheureusement, la zone de santé de Nzanza n’a toujours pas les moyens de sa politique.

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